Viol présumé au 36 quai des Orfèvres: Des échanges de messages et des disparitions de fichiers suspects

FAITS DIVERS Les policiers mis en examen auraient notamment pris des photos et des vidéos et tout effacé le lendemain...

Nicolas Beunaiche

— 

Le quai des Orfèvres, au numéro 36 duquel se trouve le célèbre siège de la police judiciaire de Paris
Le quai des Orfèvres, au numéro 36 duquel se trouve le célèbre siège de la police judiciaire de Paris — Joel Saget AFP

Deux policiers ont-ils violé une touriste canadienne au 36 quai des Orfèvres, dans la nuit du 22 au 23 avril? La police l’ignore toujours, mais elle dispose désormais d’éléments de première importance, révèle Europe 1: une partie du contenu des téléphones portables des suspects.

Les expertises auraient ainsi permis de découvrir que les policiers mis en examen dans l’affaire avaient pris soin de faire le ménage dans leur téléphone portable dès le lendemain des faits. Alors qu’il se trouvait dans les locaux de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) en compagnie de la Canadienne de 34 ans, l’un des deux hommes aurait envoyé à l’un de ses collègues un SMS explicite: «C’est une partouze, dépêche!» Avant de le faire disparaître quelques heures plus tard.

Vers une confrontation?

Son collègue, après avoir reçu ce SMS, est arrivé au «36» quelques minutes plus tard. Là, il tourne une vidéo, selon les expertises, qui indiquent que ce fichier a lui aussi disparu. Par quel mystère? Le policier prétexterait une erreur de manipulation, selon Europe 1. Quant au troisième homme, qui a été placé sous le statut de témoin assisté, il aurait également filmé une scène cette nuit-là et pris des photos. Selon lui, ces images, «trop floues» pour être conservées, dateraient de sa soirée au bar. Autre détail suspect: son journal d’appels et certains messages échangés le soir des faits ont également disparu. Cette fois, pas d’erreur de manipulation: le fonctionnaire expliquerait cette disparition par un dysfonctionnement de son téléphone.

Depuis le début de l’affaire, l’un des fonctionnaires reconnaît une fellation dans un bureau du 36, mais nie le viol, tout comme ses collègues. Les traces ADN de deux des policiers ont été retrouvées sur les sous-vêtements de la jeune femme. Une troisième empreinte génétique n’a par ailleurs pas été identifiée. La plaignante, qui est rentrée au Canada et se trouve dans un état psychologique très fragile, n’a toujours pas été entendue par les juges. Les avocats des fonctionnaires demandent désormais une confrontation avec leurs clients.