La pauvreté gagne encore du terrain mais se montre de moins en moins

SOCIAL Un rapport du Secours catholique alerte les Français sur l'appauvrissement d'une partie de la population...

N.Beu. avec AFP

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Distribution de repas à des SDF par des bénévoles des Restos du Coeur le 25 novembre 2013 à Paris
Distribution de repas à des SDF par des bénévoles des Restos du Coeur le 25 novembre 2013 à Paris — Frederick Florin AFP

La pauvreté n'a pas disparu, elle se cache. Dans son rapport annuel publié jeudi, le Secours catholique indique qu'en France, les pauvres sont de plus en plus pauvres, mais que la solitude et l'isolement les rendent de moins en moins visibles. L'association attire notamment l'attention sur les seniors précaires et les hommes seuls.

En 2013, l'association a apporté une aide à 1.477.000 personnes dont 692.000 enfants. «La pauvreté s'intensifie. On rencontre davantage de personnes avec un niveau de vie de plus en plus faible», a expliqué à l'AFP Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours catholique. En moyenne, les bénéficiaires disposent d'un revenu de 515 euros par mois et par unité de consommation, soit 17 euros par jour, bien en dessous du seuil de pauvreté (987 euros) et du seuil de très grande pauvreté (651 euros). Et 16% n'ont aucune ressource.

Précarité énergétique

Les personnes seules représentent 40% des bénéficiaires, devant les familles monoparentales (30%) et les couples avec enfants (24%). Si les jeunes sont majoritaires, la part des plus de 50 ans ne cesse d'augmenter. «La paupérisation des seniors s'accentue, avec pour premières victimes les femmes qui n'ont pas connu le plein emploi» et disposent donc de pensions très faibles, précise Thibaud, avec un revenu moyen de 618 euros. Ces seniors font partie de «ces pauvretés qu'on ne voit plus», explique le Secours catholique.

Autre précarité silencieuse: les hommes seuls. Jeunes, migrants, grands exclus ou pères célibataires, ce sont ceux qui ont le moins de revenus, avec en moyenne 437 euros par mois. 28% n'ont aucune ressource. Ils sont particulièrement victimes du mal-logement. Près de la moitié ne vivent pas chez eux mais chez un proche, en centre d'hébergement, en squat ou à la rue. «Dans l'accès au logement, la priorité est donnée aux femmes et aux enfants», souligne Bernard Thibaud. Ces hommes seuls souffrent aussi d'un très fort isolement. «Beaucoup se replient sur eux-mêmes et ont une moindre connaissance de leurs droits», explique-t-il. D'autant qu'ils ont peu de prestations sociales.

Outre les besoins d'écoute et d'aide alimentaire, beaucoup de précaires viennent aussi demander une aide financière au Secours catholique, pour payer leur loyer ou leurs dépenses d'énergie. Car la précarité énergétique, autre «pauvreté invisible», gagne du terrain. «On a une hausse des impayés d'énergie. Les gens doivent choisir entre se nourrir et se chauffer», déplore Thibaud.