Les jeux d’hier vont faire un carton à Noël

JOUETS Les parents ont de plus en plus tendance à offrir à leurs enfants des jeux avec lesquels ils ont joué eux-mêmes petits…

Delphine Bancaud

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Dans un magasin  DE jouets, à l'approche des fêtes de fin d'année.  Le 14/12/10 Toulouse
Dans un magasin DE jouets, à l'approche des fêtes de fin d'année. Le 14/12/10 Toulouse — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES

Puissance 4, Lego, Barbie, Playmobil, l’arbre magique… Ces jeux qui ont fait la joie des trentenaires ou des quadras, vont encore faire un carton dans les rayons à Noël. Car devenus parents, les enfants d’hier ont envie de transmettre un peu de leurs souvenirs à leur progéniture ou de l'initier à des jeux éducatifs estampillés «valeurs sûres» pour l'éloigner du monde virtuel…

Cette vogue du néo-rétro Frédéric Carré, directeur des achats des magasins Toys'R'Us la constate depuis cinq ans: «Elle s’accentue d’année en année et correspond notamment à la remontée en puissance de Lego, qui a su se renouveler en intégrant des licences comme Star Wars ou Minecraft. Les parents plébiscitent des jouets transgénérationnels».

Des jeux de société pas ringards

Un petit tour dans les linéaires suffit à vérifier l’omniprésence des jeux vintage. Au rayon des jeux de société, Docteur Maboul, le Cluedo, Puissance 4, Qui est-ce?, le Mille Bornes sont toujours en première ligne. Mais pour attirer la jeune génération, les marques ont remis leurs produits au goût du jour «avec des packagings rafraichis, mais sans changer les règles du jeu», souligne Frédéric Carré.

Le Mille Bornes (qui fête ses 60 ans cette année) arbore ainsi un graphisme plus moderne et a sorti à côté de la version classique, une version «fun et speed» plus rapide pour répondre aux attentes des enfants d’aujourd’hui. L’indéboulonnable Monopoly a su aussi se renouveler et propose désormais une version personnalisable et customisable, My Monopoly, qui permet de télécharger ses photos pour créer des pions et des cases uniques.

Le plaisir de la transmission

Les marques traditionnelles les plus connues comme Lego (fondée en 1932) et Playmobil (créé en 1974) ont su aussi jouer la carte transgénérationnelle pour continuer à séduire. «La gamme Lego City qui existe depuis 10 ans, est toujours la plus vendue. Les thèmes police et pompiers sont des intemporels que les parents aiment offrir à leurs enfants car cela leur rappelle de bons souvenirs», souligne Capucine Pancol, brand marketing chez Lego France.

Chez Playmobil, les pirates, les chevaliers et la ferme avec lesquels ont joué les parents dans leur enfance, restent aussi les thèmes les plus vendus de la marque: «L’effet deuxième génération est perceptible dans les chiffres car la croissance de la marque en France a doublé à partir de 1997 quand les anciens joueurs sont devenus parents. Les Playmobil sont la "madeleine de Proust" des parents qui prennent du plaisir à construire et jouer avec leurs propres enfants», note Cécile L’Hermite, responsable marketing consommateurs de Playmobil. 

Disparus… puis réapparus

Certains jeux font aussi leur grand retour cette année dans les rayons, poussés par cette vogue du vintage. C’est le cas du jeu électronique Simon, qui consiste à reproduire des séquences lumineuses sans se tromper. Il avait été rendu célèbre par madame Musquin dans Le Père Noel est une ordure qui jouait avec dans l’ascenseur. Autre come-back: celui de Mako moulages, les petites figurines en plâtre à mouler et à peindre. Très en vogue dans les années 70, la marque avait disparu dans les années 80. «Certains personnages typiques des années 70, 80 ou 90 comme la peluche Kiki, les Tortues Ninja, Barbapapa ou Spiderman suscitent aussi un regain d’intérêt», constate Frédéric Carré. Une tendance au rétro qui n’est pas prête à s’arrêter selon lui.

<<< A lire aussi le décryptage de cette tendance par Anne Lerner, du cabinet d'études GFK.