Hommage à Rémi Fraisse: A Paris, manifestation sauvage et sit-in pacifique

MANIFESTATION A Stalingrad, où environ 300 personnes se sont rassemblées,78 personnes ont été interpellées...

Oihana Gabriel

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Pendant la manifestation à Stalingrad, 78 personnes ont été interpellées.
Pendant la manifestation à Stalingrad, 78 personnes ont été interpellées. — JOEL SAGET / AFP

Deux manifestations parisiennes ont eu lieu dimanche en hommage à Rémi Fraisse: L'une pacifique a réuni 700 personnes sur le Champ de Mars, tandis que 300 personnes se sont rassemblées illégalement place Stalingrad.

78 interpellations, 16 gardes à vue

Dans ce quartier populaire du nord-est de la capitale, ils étaient près de 300 à dénoncer les violences policières et 78 ont été interpellés par les forces de l'ordre, venues en nombre encadrer cette manifestation sauvage. Seize des interpellés ont été placés en garde à vue, trois pour port d'arme prohibé et treize pour participation à un attroupement en vue de commettre des violences, a précisé à l'AFP la préfecture de police de Paris. De source policière, certains des interpellés avaient «des marteaux, des pinces, des casques, des poings américains, des pétards et des engins incendiaires» dans leurs sacs, a-t-on expliqué.

Des gaz lacrymogrènes

Les gendarmes mobiles avaient brièvement fait usage de bombes de gaz lacrymogène lorsque vers 16h30 les manifestants, qui tentaient de quitter la place, avaient essayé de forcer un barrage, selon des journalistes de l'AFP sur place. Vers 18h, les manifestants s'étaient dispersés. Une centaine de cars de CRS avaient été stationnés au coin de chacune des avenues menant à la place. Et les policiers avaient procédé dès le début de l'après-midi à des contrôles de sacs et d'identité, notamment de jeunes portant des T-shirt aux slogans hostiles à la police.

Sur la place, un grand carton était planté dans des boîtes d'oeufs sur lequel était écrit «va te faire cuire un keuf». Les CRS, demandant qu'il soit enlevé, ont été hués par les manifestants qui ont crié «liberté liberté». Nicole 66 ans, qui se dit non-violente, a expliqué à l'AFP pouvoir «comprendre que des jeunes pétris d'idéaux en arrivent à réagir violemment, quand ils ont un mur devant eux». Victor, étudiant de 29 ans, avance bravache: «Mieux vaut une vie de lutte qu'une minute de silence».

700 personnes pour une recueillement siliencieux

Le NPA et un collectif d'associations avaient initialement prévu un rassemblement à Stalingrad, mais avaient finalement préféré se rallier à un sit-in pacifique au Champ de Mars à l'appel de France Nature environnement (FNE), association écologiste dont Rémi Fraisse était membre. Sept cents personnes, selon la police, ont assisté à ce recueillement silencieux, non loin de la tour Eiffel, pour rendre hommage à Rémi Fraisse, jeune homme de 21 ans mort la semaine dernière lors d'affrontements dans le Tarn autour du barrage de Sivens.

Ils arboraient presque tous un autocollant à la fleur jaune, une renoncule protégée dont Rémi Fraisse était un spécialiste en tant que botaniste bénévole. «Le héros, c'est Rémi», a lancé une manifestante, Sophie Tissier, intermittente du spectacle assise sur le gazon. Autour d'elles, plusieurs personnes portaient des pancartes avec le slogan: «nous sommes tous Rémi».