VIDEO. Manifestation à Stalingrad en mémoire de Rémi Fraisse: «La moindre des choses, c'était de braver l'interdiction»

MOBILISATION Les gendarmes ont utilisé la lacrymogène pour empêcher quelques manifestants de forcer un barrage…

William Molinié

— 

Des incidents ont émaillé la manifestation interdite à Stalingrad le 2 novembre, en soutien à la mort de Rémi Fraisse.
Des incidents ont émaillé la manifestation interdite à Stalingrad le 2 novembre, en soutien à la mort de Rémi Fraisse. — William Molinié

«La moindre des choses, c’était de braver l’interdiction», répète Jean, 37 ans. Ce dernier a refusé de se rendre au rassemblement silencieux devant le mur de la paix en mémoire de Rémi Fraisse, tué il y a une semaine sur le barrage de Sivens (Tarn), sans doute à cause d’une grenade offensive lancée par un gendarme mobile. «Là-bas, c’est ambiance bobo. Y aller, c’est refuser le rapport de force», soutient-il, au milieu d’une foule de 300 personnes, rassemblées ce dimanche après-midi place Stalingrad, à Paris.

 

Ce rassemblement, pourtant interdit par la préfecture de police, a bien eu lieu, après des appels sur les réseaux sociaux et forums. Officiellement, le NPA et le collectif Notre-Dame-des-Landes d'Ile-de-France ont retiré leur participation à cette mobilisation, prévue pour 15h. Depuis plusieurs heures, déjà, les CRS avaient encerclé le lieu et filtré les allées et venues des passants, fouillant leurs sacs et leurs poches à la recherche d’objets susceptibles de devenir des armes en cas d’affrontement. En tout, 78 personnes ont été interpellées, la plupart bien en amont de la place Stalingrad. «On est parti de Montreuil. Les flics en civil nous ont suivis et ont arrêté plusieurs d’entre nous, ceux qui avaient des banderoles», raconte un manifestant.

Une source policière a précisé que certains d’entre eux étaient munis de «marteaux, pinces, casques, poings américains, des pétards et des engins incendiaires».

 

«Liberté, liberté!»

Pourtant, sur la place de la Rotonde, face au Canal de l’Ourcq, ce sont des œufs qui font figure de projectiles déployés à terre devant une pancarte: «Allez-vous faire cuire un keuf». Provocation immédiatement embarquée par les CRS, sous les huées, aux cris de «Liberté, liberté!»

«Une voiture qui brûle, un patron séquestré, une occupation de la CAF, une bouteille d’eau jetée, un fauchage d’OGM, une réquisition de logement vide sont autant d’actes de révolte et de colère légitimes», scande un jeune homme qui se présente comme porte-parole de «l’assemblée de lutte pour Rémi». Son discours est clairement adressé aux forces de l’ordre. «Lorsqu’ils tuent l’un d’entre nous, ils nous disent que notre vie n’a aucune valeur. Prouvons-leur que prendre une de nos vies leur coûtera très cher», poursuit-il.

Lacrymogène

Les premières lacrymogènes seront lancées aux abords du canal de l’Ourcq par les gendarmes mobiles face à quelques dizaines de manifestants qui ont tenté de forcer le barrage.

Vers 18h30, en début de soirée, les incidents se poursuivaient entre manifestants et forces de l’ordre sur la Place de Stalingrad. La circulation n’était toujours pas rétablie. «L’ordre est la dispersion», indiquait à 20 Minutes une source policière.