VIDEO. Barrage de Sivens: Une opposante porte plainte après un «jet de grenade»

JUSTICE La jeune femme de 25 ans a été blessée en ramassant une grenade. Elle a dû être hospitalisée pendant dix jours et est en arrêt maladie jusqu'au 21 novembre...

20 Minutes avec AFP
— 
Des opposants au barrage sur le site de construction de l'infrastructure, à Sivens, le 29 octobre 2014
Des opposants au barrage sur le site de construction de l'infrastructure, à Sivens, le 29 octobre 2014 — Remy Gabalda AFP

Une opposante a déposé plainte après avoir été blessée en octobre en ramassant une grenade jetée «volontairement à l'intérieur» d'une caravane par un gendarme, a indiqué ce vendredi son avocate, sur le chantier du barrage de Sivens (Tarn), endeuillé depuis par la mort d'un manifestant.

Une plainte avec constitution de partie civile pour «violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente par une personne dépositaire d'autorité publique avec usage ou menace d'une arme» a été déposée jeudi à Toulouse, a indiqué Me Claire Dujardin.

Blessée à la main

L'avocate agit dans ce dossier avec Me Arié Alimi, conseil de la famille de Rémi Fraisse, le jeune homme de 21 ans tué dimanche sur le chantier de la retenue d'eau lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Sa cliente, Elsa Moulin, 25 ans, a été blessée à la main en ramassant «une grenade jetée volontairement par un gendarme à l'intérieur d'une caravane» où la jeune femme s'était «réfugiée» avec deux autres personnes le 7 octobre lors d'une expulsion d'opposants qui occupaient une parcelle du site du barrage contesté, selon Me Dujardin.

Elsa Moulin, qui occupait depuis plusieurs semaines cette parcelle, a été hospitalisée pendant dix jours et est en arrêt maladie jusqu'au 21 novembre, selon l'avocate.

 

Sur une vidéo filmée de l'intérieur de la caravane et diffusée sur YouTube par un des trois occupants, on peut apercevoir un gendarme faire une sommation, en disant aux opposants, une grenade dans la main : «à trois, je vous laisse partir».

Puis le gendarme disparaît des images de caméra mais on l'entend compter jusqu'à huit, avant que retentisse un bruit d'explosion et les cris des occupants de la caravane. L'avocate n'a pas été en mesure de préciser le type de grenade utilisé, la caravane ayant été enlevée du site. «C'est symbolique de l'attitude des gendarmes qui font un peu ce qu'ils veulent», a estimé l'avocate.

«Sommet des violences»

On atteignait alors «le sommet des violences», avant la mort de Rémi Fraisse. Ce décès, qui a suscité un vif émoi national, a provoqué la suspension sine die du chantier, ce vendredi par le conseil général du Tarn.

Les parents de Rémi Fraisse ont déposé plainte pour «homicide volontaire» et «violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner». Une information judiciaire a été ouverte à Toulouse pour des «faits commis par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions». L'Inspection générale de la gendarmerie nationale a de plus été saisie.

L'enquête privilégie la thèse d'un décès dû à l'explosion d'une grenade offensive lancée par un gendarme. Contacté par France 2, la gendarmerie a fait remarquer que dans la vidéo  on ne voit pas de grenade tomber dans la caravane, et évoque des vérifications en interne.