VIDEO. Mort de Rémi Fraisse: Une manifestation dégénère à Rennes

REMI FRAISSE Trois personnes ont été placées en garde à vue...

20 Minutes avec AFP
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Photo illustration. Manifestation le 29 octobre 2014 à Paris après la mort de Rémi Fraisse.
Photo illustration. Manifestation le 29 octobre 2014 à Paris après la mort de Rémi Fraisse. — Martin Bureau AFP

Près de 200 personnes ont défilé jeudi dans une ambiance tendue à l'appel de mouvances radicales anti-capitalistes pour protester contre la mort de Rémi Fraisse samedi lors d'affrontements sur le site du barrage de Sivens (Tarn) et des incidents et dégradations ont eu lieu dans la soirée.

 

 

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, «condamne fermement les violences qui se sont produites ce soir à Rennes, en marge d'un rassemblement non déclaré,» indique un communiqué du ministère qui précise qu'«il a été procédé à trois interpellations suivies de placements en garde à vue».

Partis du quartier de Villejean, près des universités de l'ouest de Rennes, les manifestants, dont de nombreux cagoulés, se sont dirigés vers le centre ville en scandant «vengeance pour Rémi» ou «flics, porcs, assassins!» derrière une banderole «Vengeance pour tous». Ils ont également tagué sur leur passage de nombreux bâtiments.

Des vitrines et abribus brisés

Arrivés aux abords du centre-ville, vers 20h, les manifestants ont été bloqués par un important dispositif des forces de l'ordre qui les a empêchés d'y accéder. Ils ont essayé à plusieurs reprises de contourner les CRS et gendarmes. Une voiture a été retournée et des policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Peu après 21h, les manifestants, qui s'étaient rassemblés à proximité des barrages des forces de l'ordre, ont reflué vers les quartiers ouest, brisant une dizaine de vitrines (agences immobilière et bancaires notamment) et plusieurs abribus. Ils ont également mis le feu à plusieurs poubelles ainsi qu'à des conteneurs de bouteilles, poursuivis par les policiers de la BAC équipés de flashball.

Le préfet d'Ille-et-Vilaine Patrick Strzoda présent au cœur du dispositif peu après 22h a dénoncé la présence de «militants d'extrême gauche violents» avec des méthodes de «Blacks Bloc» (militants anti-capitalistes radicaux). Le ministre de l'intérieur «déplore qu'une fois de plus, une manifestation dégénère du fait d'individus ayant pour seule motivation l'agression des forces de l'ordre et la dégradation de l'espace public», conclut le communiqué.

A Villejean à l'ouest de Rennes, avant le départ du cortège, les manifestants avaient commencé à distribuer un tract dénonçant la «terreur policière» qui ne «saurait survivre à la mort d'un camarade». Le tract lance aussi l'appel suivant: «bloquez vos lycées et universités! Bloquons les villes, les gares, occupons la rue».

Le syndicat des Jeunes agriculteurs veut absolument ce projet

La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Emmanuelle Cosse a réaffirmé qu'il fallait «arrêter ce projet», dans une interview au Figaro à paraître vendredi. «C'est notre position depuis des mois, nous n'avons jamais varié», a-t-elle dit.

Mais elle a aussi «dénoncé très clairement tout recours à la violence « qui «décrédibilise» le combat des écologistes. «La violence à Sivens ou à Notre-Dame-des-Landes est le fait d'une minorité composée de gens non structurés, apolitiques, des gens qui vivotent dans ces lieux pour en découdre contre les pouvoirs institués, l'État ou les partis politiques», a dit Cosse.

Vendredi, le président PS du conseil général Thierry Carcenac doit demander à l'assemblée de «suspendre les travaux» mais «en aucun cas sine die» (de manière indéfinie). Carcenac semble résolu à poursuivre ce projet mais en tenant compte des préconisations d'experts selon qui le projet est surdimensionné et coûteux.

Le syndicat des Jeunes agriculteurs du Tarn exige des «actions fortes» des autorités. Il veut absolument voir «réaliser» ce projet qu'il juge «nécessaire et urgent» pour «assurer la vie économique d'un territoire rural pauvre».