Docteur Petiot: 70 ans après son arrestation, son magot de 50 millions d'euros reste introuvable

FAITS DIVERS Personne n’a retrouvé le butin du célèbre criminel…

William Molinié

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C'est un escalier de 148 marches en lino usé gravies par Marcel Petiot, Thierry Paulin, Violette Nozière et autres assassins célèbres. Il mène à la brigade criminelle, la Crim', immortalisée par le commissaire Maigret.
C'est un escalier de 148 marches en lino usé gravies par Marcel Petiot, Thierry Paulin, Violette Nozière et autres assassins célèbres. Il mène à la brigade criminelle, la Crim', immortalisée par le commissaire Maigret. — Thomas Samson afp.com

Il est estimé à environ 50 millions d’euros d’aujourd’hui. Arrêté il y a soixante-dix ans exactement, le 31 octobre 1944, le Docteur Marcel Petiot n’a jamais fait mention du magot qu’il a accumulé. Rien, aucune trace. Pas même lorsque les policiers découvrent le 11 mars 1944 le charnier de 27 corps dans son hôtel particulier de la rue Le Sueur (16e) à Paris. Seules les valises des victimes et quelques vêtements y sont retrouvés.

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Les proies de Petiot, qu'il attirait en pleine Occupation jusqu’à lui en se présentant comme passeur, étaient relativement aisées. Il s’agissait pour la plupart de Juifs cherchant à fuir la Gestapo. Mais aussi des collaborateurs ou d’autres truands tentés par une seconde vie en Argentine. «Petiot leur demandait de prendre dans leurs valises le maximum d’argent, prétextant que la vie y était très chère», explique à 20 Minutes l’historien Claude Quétel, auteur d’une enquête* sur le premier grand criminel de l’après-guerre.

Une quête impossible

Bijoux, montres, or, numéraire… Le butin est colossal. Après le procès et la mort du tueur guillotiné le 25 mai 1946, plusieurs personnes ont racheté l’hôtel particulier. Certains propriétaires l’ont même désossé, pierre par pierre, dans l’espoir de retrouver le trésor. En vain.

Plusieurs hypothèses ont été émises. A commencer par la famille qui aurait récupéré l’argent. «Le frère, la femme et le fils de Petiot ont eu une vie modeste», conteste Claude Quétel, sceptique.

«On ne sait toujours pas où il est. Ça reste un des grands mystères de l’affaire, poursuit-il. Pourtant, la police, à l’époque très efficace, a cherché de son côté. Je suis tenté de croire qu’il doit être planqué quelque part et qu’on n’est pas prêt de le retrouver. C’est une quête impossible car il n’y a aucune piste sérieuse.»