LSK : Combien DSK peut-il perdre dans son aventure luxembourgeoise?

ECONOMIE L'ancien patron du FMI a les ressources pour rebondir...

M.B.
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Dominique Strauss-Kahn lors d'une conférence de presse le 17 septembre 2013 à Belgrade
Dominique Strauss-Kahn lors d'une conférence de presse le 17 septembre 2013 à Belgrade — Alexa Stankovic AFP

«J'ai probablement perdu mon investissement et n'ai jamais perçu aucune rémunération. A mon échelle, c'est beaucoup d'argent». Ce jeudi dans Le Parisien, Dominique Strauss-Kahn revient sur le suicide, le 23 octobre, de son associé au sein de  LSK, Thierry Leyne, et des difficultés financières de cette société d'investissement luxembourgeoise que l’ancien patron du FMI avait rejoint depuis un peu plus d’un an.

Au passage, DSK charge ce Franco-Israélien à la «réputation contrastée», qui avait contracté «des emprunts excessifs» et qu'il connaissait «depuis peu». «J'ai constaté à la fin de l'été que le projet n'était pas conforme à ce que nous avions envisagé ensemble». Résultat DSK a décidé peu de temps avant la disparition de Thierry Leyne de démissionner de la présidence de LSK pour se recentrer sur sa société personnelle, Parnasse International basé à Casablanca. «C'est-à-dire essentiellement du conseil au gouvernement.», précise DSK au quotidien.

DSK va-t-il tourner la page LSK?

Mais l’interview au Parisien de l’ancien patron du FMI laisse plusieurs zones d’ombre.

«Il n'a livré aucune réponse précise quand on lui demande s'il va tourner définitivement la page «LSK», souligne Le Figaro. DSK était pourtant la figure de proue de LSK, avec pour ambition de lancer un fonds spéculatif de 2 milliards de dollars, récoltés en priorité auprès d'investisseurs de pays émergents, tout en étant épaulé par sa fille Vanessa Strauss-Kahn, par ailleurs professeur d'économie. Ce fonds n'était qu'une partie de LSK, société possédant de nombreuses filiales dans le conseil financier et la gestion d'actifs, avec notamment Assya Asset Management, qui a demandé à la justice luxembourgeoise à être placée en procédure de «sursis de paiement».

A l'origine, DSK détenait 20% de LSK. Suite à une augmentation de capital, sa participation avait été diluée pour être ramenée à 15%. D’après les éléments recueillis par L’Obs, DSK avait investi 625.000 euros dans LSK en trois fois via Parnasse International. Et d’ajouter : «Si la société d’investissement ne parvenait pas à redresser ses comptes, DSK risque de perdre quelques 625.000 euros». Mais à ce stade, cette somme reste théorique puisque comme le dit le proverbe : «tant qu’on n’a pas vendu, on n’a pas perdu.» En effet, DSK ne dit pas qu'il a vendu ses parts dans LSK dont «l'avenir paraît très incertain. La cotation de la valeur sur le marché libre Euronext est suspendue [Depuis le 10 octobre]. Depuis mardi, le site Web de la société est fermé : seule une page bleue agrémentée du sigle LSK est désormais accessible», souligne Le Monde.

700.000 euros de dividendes pour DSK en 2013

Dans tous les cas, DSK a les ressources pour rebondir. D’après Capital, sa société de conseil Parnasse qu’il avait installée en France en septembre 2012 a enregistré l’an dernier 2,55 millions d'euros de chiffre d'affaires pour un bénéfice de près de 766.000 euros, «sur lequel il s'est versé un montant de 700.000 euros de dividendes».

«Le chiffre d'affaires de Parnasse peut notamment s'expliquer par les sommes réclamés par DSK pour ses interventions et divers conseils. Il faut en effet débourser entre 50.000 et 150.000 euros pour une demi-heure de discussions avisées avec l'expert français», précise le mensuel économique.