Barrage de Sivens: ZAD, GPII, Camille... Les mots du conflit

LEXIQUE «20 Minutes» explique les termes récurrents dans l’affaire du barrage controversé du Tarn…

William Molinié
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Image d'un dictionnaire.
Image d'un dictionnaire. — Al Grillo/AP/SIPA

Pourquoi les activistes du barrage de Sivens se font tous appeler «Camille»? Qu’est-ce qu’une ZAD ou une zone humide? A quoi ressemble une grenade offensive? 20 Minutes passe en revue le vocabulaire utilisé dans l’affaire du «Notre-Dame-des-Landes du Sud-Ouest».

  • Camille

C’est par ce prénom que la plupart des opposants au barrage de Sivens se présentent devant les médias. Ils ont repris cette dénomination issue de la mobilisation contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique. Les opposants avaient choisi ce prénom sans sexe, neutre et sans identité pour se présenter devant les médias et refuser ainsi d’être rangés dans des cases: les «anarcho-autonomes», les «écologistes radicaux», «les casseurs»…

  • Grenade offensive

La grenade dite offensive n’est utilisée que par les gendarmes mobiles. «Les CRS n’en sont pas dotés», assure  Eric Midenberger, délégué général des CRS au syndicat Alliance, contacté par 20 Minutes. Ce type de grenade, lancée à la main, contient de la TNT et est utilisée pour son effet de souffle et le bruit extrêmement assourdissant lorsqu’elle explose. Elle peut être dangereuse et créer des dommages irréversibles, comme des tendons ou des nerfs sectionnés si un manifestant s’approche trop près. Dans le cas de Rémi Fraisse, une des hypothèses étudiées par les enquêteurs est celle d’une grenade lancée par un gendarme qui serait venue se loger entre le sac à dos et le dos de la victime avant d’exploser.

  • GPII

Ce Hashtag (mot-clé) est utilisé sur Twitter par les opposants au barrage de Sivens pour désigner les «Grands Projets Inutiles et Imposés». Il regroupe entre autres, pêle-mêle, les projets de Notre-Dame-des-Landes, du barrage de Sivens, la LGV Bordeau-Bayonne et Boredaux-Toulouse, la centrale à biomasse de Gardanne, la station de ski d’Elancourt…

La 4e édition du forum international contre les GPII s’est tenue en Roumanie du 8 au 11 mai dernier.

  • Sivens

C’est le nom de la forêt dont les arbres ont été abattus pour construire le barrage d’eau contesté. La forêt de Sivens (Tarn) se situe à une heure de route au nord-est de Toulouse.

  • Tescou

C’est le nom de l’affluent direct du Tarn en rive-droite. Il mesure 48,8 km de long et se jette dans le Tarn à Montauban. Le cours d’eau a été artificialisé dans sa majeure partie.

  • ZAD

Une zone d’aménagement différé (ZAD) est un secteur dans lequel la collectivité peut bénéficier d’un droit de préemption pour «mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l’habitat, organiser le maintien, l’extension ou l’accueil des activités économiques, favoriser le développement des loisirs et du tourisme, réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d’enseignement supérieur, lutter contre l’insalubrité, permettre le renouvellement urbain, sauvegarder ou mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels», selon l’article L.300-1 du code de l’urbanisme.

Une ZAD doit impérativement être réalisée dans l’intérêt général, ce que contestent les opposants à la ZAD du Testet qui estiment que le barrage ne profitera à l’irrigation des terres d’un petit nombre d’agriculteurs de la région.

Les militants écologistes ont rebaptisé la ZAD «zone à défendre».

  • Zone humide

D’après le code de l’environnement (article L.211-1), les zones humides sont des «terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année». Deux critères permettent de considérer qu’une zone est humide: l’hydromorphologie des sols (étude de l’impact de l’eau sur le relief) et la présence de plantes hygrophiles (végétaux qui ont des besoins très élevés en eau). Une réglementation bien spécifique garantit leur protection.

Les zones humides, comme celle du Testet dans le Tarn, dont les opposants au barrage estiment qu’il pourrait détruire cette réserve d’eau douce, se caractérisent par une biodiversité exceptionnelle. «Ils abritent de nombreuses espèces végétales et animales. Par leurs différentes fonctions, ils jouent un rôle primordial dans la régulation de la ressource en eau, l’épuration et la prévention des crues», peut-on lire sur le site gouvernemental dédié à cet environnement.