Barrage de Sivens: Le président du Conseil général n’a pas encore enterré le projet

SOCIETE Après la mort du militant contre le barrage Rémi Fraisse, le chantier a été suspendu mais le président du Conseil général ne baisse pas les bras…

A.Ch.
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Une tache de sang (en bas à gauche) sur le site du barrage de Sivens (Tarn), où un jeune opposant a été retrouvé mort, le 26 octobre 2014
Une tache de sang (en bas à gauche) sur le site du barrage de Sivens (Tarn), où un jeune opposant a été retrouvé mort, le 26 octobre 2014 — Pascal Pavani AFP

Suspendu sine die ce mardi après les nombreuses manifestations qui ont suivi la mort de Rémi Fraisse, militant de 21 ans opposé à la construction du barrage de Sivens dans le Tarn, le chantier de ce réservoir pourrait repartir si le Conseil général, maître d’ouvrage, le décide. Dans une interview accordée au Monde, le président du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, reconnaît qu'«après ce qui s'est passé ce week-end nous allons laisser un temps de latence», mais refuse «que des gens violents imposent leur décision à tous les autres». «Nous avons eu toutes les autorisations de l'Etat pour développer ce projet, les conseillers généraux ont voté pour, et les recours examinés jusqu'à présent par les juridictions compétentes ont permis de débuter les travaux en toute légalité», a expliqué le président du Conseil général, précisant qu’une semaine de gardiennage du chantier coûtait 60.000 euros. «C’est du harcèlement!», s’est-il exclamé.

L’utilité du projet, contestée par un rapport d'experts commandé par le ministère de l'Ecologie, est avérée pour Thierry Carcenac: «Ce projet est très important pour sécuriser les terres agricoles alentour. Il ne s'agit pas de soutenir de l'agriculture intensive contrairement à ce qui est affirmé, car sur notre territoire, il s'agit pour l'essentiel de petites exploitations», a-t-il déclaré au Monde.

La décision reviendra au Conseil général, déclare Manuel Valls

La décision de reprendre le chantier reviendra au Conseil général, a rappelé ce mercredi matin le Premier ministre Manuel Valls au micro de RTL: «C'est au Conseil général du Tarn, à ses élus, de prendre ces décisions et de tirer notamment les conséquences du rapport d'expertise qui avait été commandé il y a quelques semaines par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal», a affirmé le Premier ministre.

«Oui», le rapport est assez négatif, mais il «ne demande pas l'abandon, il demande un certain nombre de modifications, parce que ce type de projet est utile pour les agriculteurs, d'abord, mais aussi pour fournir l'eau aux habitants par exemple de la ville de Montauban», a-t-il poursuivi. «Tous les élus de gauche ou de droite sur la région, du Tarn, du Tarn-et-Garonne, de Midi-Pyrénées, les agriculteurs, je pense beaucoup d'habitants, sont favorables à ce type de projets, après il faut évidemment le redimensionner, il faut tirer les conséquences des préconisations des rapports, c'est aux élus de prendre ces décisions», a poursuivi le chef du gouvernement.

Ce mercredi, le ministre du Travail François Rebsamen a déclaré pour sa part qu’il fallait «suspendre le projet» pour «ramener le calme».