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DEFENSEMort de Rémi Fraisse: Grenades, mode d'emploi

Mort de Rémi Fraisse: Grenades, mode d'emploi

DEFENSEPointés du doigts, les projectiles utilisés par la gendarmerie ne sont pas censés tuer...
Des grenades lacrymogènes tirées par la gendarmerie.
Des grenades lacrymogènes tirées par la gendarmerie. - C.ENA/SIPA/AP
Philippe Berry

P.B. avec AFP

Le gouvernement promet toute la vérité sur la mort de Rémi Fraisse. Après la découverte de traces de TNT sur ses vêtements, la thèse d'un décès dû à une grenade offensive lancée par les gendarmes est privilégiée. Dans la foulée, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé mardi soir leur suspension temporaire dans les opérations de maintien de l'ordre. Selon les experts, elles ne sont pourtant pas censées tuer, mais elles déjà ont causé de graves blessures par le passé.

Les grenades lacrymogènes

La France a équipé les forces de l'ordre de lanceurs Cougar d’une capacité de huit à dix coups par minute, avec une portée de cent à deux cents mètres. Des grenades lacrymogènes peuvent être utilisées lors d'un tir en cloche à 45°, et elles sont censées éclater en l'air, pour éviter les accidents. A Toulouse, le 7 mars 2006, un manifestant avait cependant été touché à la tête par un projectile défectueux. Il s'en était tiré avec une traumatisme crânien et 40 points de suture. Les tirs tendus sont autorisés mais avec des projectiles en caoutchouc surnommés «bliniz» (ou «blinis»), comme à Bastia en 2009.

Les grenades de «désencerclement»

Le dispositif manuel de protection (DMP) est «un cylindre contenant dix-huit plots en caoutchouc

qui se dispersent dans toutes les directions au moment du déclenchement de la charge

pyrotechnique par un bouchon allumeur en métal», selon un document de l'ancienne Commission nationale de déontologie de la sécurité. Les forces de l'ordre doivent normalement utiliser ces grenades de désencerclement pour se défendre et «disperser un groupe hostile». Lors d'une manifestation à Grenoble, le 15 mai 2008, trois personnes ont été grièvement blessées. Une plaie de 6 cm à la jambe a notamment entraîné une interruption temporaire de travail de 21 jours. Le 29 janvier 2009, à Saint-Nazaire, un homme a, lui, perdu deux orteils.

Les grenades offensives

Ces dernières sont plus puissantes. «Cela provoque un bon effet de souffle et pas mal de bruit» jusqu'à 180 dB, explique une source sécuritaire à l'AFP. Ce genre de grenade peut provoquer parfois de graves blessures. «Il suffit qu'un manifestant prenne à la main une grenade offensive au moment où elle explose et il peut avoir la main arrachée, c'est déjà arrivé», comme à Quimper en octobre 2013. Mais les spécialistes se montrent catégoriques : ces deux types de grenades ne peuvent tuer, sauf improbable concours de circonstances. «On peut toujours imaginer le cas d'un manifestant qui se jette sur une grenade et qu'elle explose sous lui au niveau du coeur. Mais même là, cela semble difficile», assure un gendarme sous couvert d'anonymat. Dans l'hypothèse où l'une de ces grenades aurait provoqué la mort de Rémi Fraisse, tous évoquent une combinaison avec un autre élément comme un fumigène, une cartouche de gaz ou même peut-être un aérosol.

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