DSK traverse une (nouvelle) mauvaise passe

POLITIQUE DSK avait renoncé à la présidence de LSK & Partners trois jours avant le suicide de son associé Thierry Leyne...

M.B.

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Dominique Strauss-Kahn en septembre 2013
Dominique Strauss-Kahn en septembre 2013 — XAOCPHOTO/SIPA

Un coup dur pour Dominique Strauss-Kahn. Alors qu’il s'est reconverti, loin de la politique, il y a un an en professionnel des marchés, rejoignant une banque d’affaires immatriculée au Luxembourg rebaptisé LSK, pour Leyne, Strauss-Kahn and Partners, son principal associé a mis fin à ses jours jeudi.

Coïncidence ou simple hasard?

Selon ses proches, cet ingénieur de 48 ans, ayant effectué toute sa carrière dans les milieux financiers, notamment en France, en Israël et au Luxembourg, se serait défenestré en se jetant d'une des tours les plus hautes de Tel-Aviv. Une disparition qui pose de nombreuses questions. A commencer par les motivations d’un tel geste. «Pourquoi cet homme pratiquant qui ne cachait pas ses convictions religieuses se serait-il suicidé, un péché dans la religion juive ?», s’interroge Le Parisien ce mardi.

Coïncidence ou simple hasard, dans la matinée, le conseil d'administration de la société luxembourgeoise a fait savoir que DSK avait renoncé à la présidence de LSK & Partners trois jours avant le suicide de son associé Thierry Leyne, au profit de ce dernier. Selon LSK, l’ancien patron du FMI avait «souhaité pouvoir se consacrer à ses autres activités».

«Les ennuis s’accumulaient sur LSK»

Car selon Les Echos, «depuis quelque temps, les ennuis s’accumulaient sur LSK». Bien loin de l’euphorie du printemps où LSK annonçait son intention de constituer un «hedge fund», autrement dit un fonds spéculatif, de 2 milliards de dollars, récoltés dans le monde entier, mais en priorité auprès d'investisseurs de pays émergents.

Ainsi, le 3 octobre dernier, la justice luxembourgeoise avait condamné en référé le groupe LSK, sa filiale Assya et son principal actionnaire Thierry Leyne à payer deux millions d'euros à l'assureur Bâloise-Vie Luxembourg qui réclamait depuis juillet dernier le remboursement de titres du groupe LSK qui étaient dans son portefeuille.

Résultat, vendredi, Assya a demandé à la justice luxembourgeoise à être placée en procédure de «sursis de paiement». Selon le droit luxembourgeois, cette procédure distincte du redressement judiciaire et de la faillite peut s'appliquer quand le crédit de l'établissement concerné est «ébranlé» ou en cas d' «impasse de liquidité». Elle donne automatiquement une protection contre les créanciers, jusqu'à ce que le tribunal se prononce définitivement, ce qui pourrait prendre plusieurs semaines.

DSK devant la justice

Coté en Bourse sur le marché libre, LSK a d'ailleurs vu son titre perdre plus de la moitié de sa valeur depuis le début de l’année.

D’après Le Parisien, «depuis une dizaine de jours, DSK était inquiet. Il venait semble-t-il, de découvrir que son principal associé lui avait caché des choses graves sur leurs affaires communes… Selon certaines rumeurs, Leyne aurait levé des fonds auprès de ressortissants d’Europe de l’Est, notamment russes, qu’il n’était pas en mesure de rembourser. Il aurait ensuite été pris dans une spirale infernale».

Et les ennuis de DSK ne sont pas finis. Il a rendez-vous devant le tribunal correctionnel de Lille en février prochain pour le procès de l'affaire de proxénétisme dite du Carlton, dans laquelle il est poursuivi.