Barrage de Sivens: Des dizaines de manifestations après le décès de Rémi Fraisse

MANIFESTATIONS Des rassemblements dénonçant les «violences policières» ont eu lieu ce lundi dans toute la France...

20 Minutes avec AFP

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Manifestation en hommage à Rémi Fraisse, le 27 octobre 2014 à Albi.
Manifestation en hommage à Rémi Fraisse, le 27 octobre 2014 à Albi. — MATHIEU PATTIER/SIPA

Plus d'une dizaine de manifestations et rassemblements dénonçant les «violences policières» ont eu lieu lundi dans toute la France après le décès dimanche de Rémi Fraisse, un manifestant de 21 ans, sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn) lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Vitrines de banques brisées à Nantes

A Nantes, où les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes se sont plusieurs fois violemment opposés aux forces de l'ordre depuis 2012, plus de 600 personnes se sont rassemblées en fin de journée près de la préfecture pour «exprimer leur colère face à la violence d'État». Ils ont allumé des bougies et déployé des banderoles, proclamant: «Vos armes non létales tuent. On n'oubliera pas. Résistance» ou «Nantes-Toulouse-Montreuil. Solidarité contre les violences policières». Les manifestants ont ensuite défilé dans les rues derrière la banderole: «Barrage Testet. Mort de Rémi. Ni oubli ni pardon ACAB» (All cops are bastards, Tous les flics sont des salauds). Plusieurs vitrines de banque ont été abîmées ou brisées et les policiers ont fait usage de gazs lacrymogènes.

A Rennes ils étaient 300 autour d'une banderole sur laquelle était écrit: «La police tue, appel à la révolte», puis ils sont partis manifester dans les rues, jetant des pétards et scandant: «Flics, porcs, assassins!». Vers 20h ils ont rassemblé des poubelles qu'ils ont incendiées à un carrefour du centre-ville.

Place de l'Hôtel de ville à Paris une centaine de personnes se sont réunies et ont allumé des bougies. Un pancarte proclamait: «Pour Rémi, ni oubli ni pardon». «On a eu un État qui blesse, un État qui mutile. Maintenant, on a un État qui tue», a déploré sur place Coralie Duby, 29 ans, militante écologiste, présente ce week-end sur le site contesté dans le Tarn.

A Brest une centaine de manifestants se sont rassemblés place de la liberté et ils étaient une centaine également en fin d'après-midi sur le Vieux Port à Marseille à l'appel notamment d'Europe Écologie Les Verts. A Chambéry ils étaient une cinquantaine - parmi lesquels des opposants au projet de ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin - devant la préfecture de Savoie pour «protester contre les mesures répressives disproportionnées à l'encontre des citoyens qui dénoncent des projets inutiles, des conflits d'intérêt et des collusions». A Bordeaux une centaine devant l'Hôtel de ville ont dénoncé «les violences policières» avec une banderole : «one mort time!».  A Lyon, environ 130 personnes se sont rassemblées dans le calme et en silence, lundi soir, devant la préfecture du Rhône.

A Strasbourg une trentaine de militants écologistes sont restés en silence devant la préfecture du Bas-Rhin, brandissant une pancarte : «Hommage à Rémi Fraisse». A Rouen, une petite centaine de personnes ont accroché aux grilles de la préfecture une banderole proclamant : «Testet: l'État tue, Rémi mort pour ses convictions. Ni oubli, ni pardon», tandis qu'à Caen, 80 personnes ont rejoint la préfecture avant de partir en cortège derrière une banderole affirmant «la police tue, halte à la répression». Ils étaient une centaine à Angers.

A Lille, une centaine de manifestants réunis sur la Grand Place ont accroché à la façade d'un des bâtiments une grande banderole au nom de Rémi et la date de son décès. Sur deux autres banderoles on pouvait lire «L'État tue La lutte continue» et «Rémi mort pour ses idées. L'État prêt à tuer pour protéger ses intérêts».  Les manifestants ont ensuite traversé le centre-ville en criant des slogans très hostiles à la police. «Clément, Rémi, ni oubli ni pardon», a scandé le cortège au coeur duquel ont pouvait lire, sur une pancarte: «Militer sans être exécuté».

Cazeneuve condamne les débordements

Lundi soir, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a condamné les «débordements» intervenus dans la soirée. «Depuis le début du mois de septembre, en marge des mobilisations pacifiques dans le Tarn, des violences inacceptables sont commises», a-t-il déclaré dans un communiqué. «Ces violences n'ont pas leur place dans un Etat de droit et doivent être condamnées, comme doivent l'être les débordements qui sont intervenus ce soir, à Nantes notamment».