Versailles: Le procès d'un ex-policier jugé pour un viol en cellule de dégrisement débute

JUSTICE Les faits remontent à 2012...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un policier à Paris.
Illustration d'un policier à Paris. — POUZET/SIPA

Le procès d'un ancien policier de 40 ans, accusé d'avoir violé une femme placée en cellule de dégrisement au commissariat de Mantes-la-Jolie (Yvelines) lors d'une nuit de garde en 2012, s'est ouvert lundi à Versailles. Cheveux ras légèrement grisonnants et chemise blanche dans le box des accusés, l'ex-brigadier, révoqué de la police en raison de cette affaire, s'est présenté «sans profession» devant la cour d'assises des Yvelines.

«C'est vrai que je lui ai fait du mal involontairement, mais je n'ai pas violé cette femme», assène-t-il. Puis, calmement: «Ca fait 886 jours que je regrette d'avoir eu cette relation sexuelle. J'ai une honte telle que je ne m'en suis pas encore remis. J'ai jeté le discrédit sur la police nationale». Sous l'oeil de son mari, la femme s'avance à la barre. Drapée dans un lourd gilet gris, le nez percé d'un diamant, elle bredouille tout juste, voix tremblante: «Oui, j'ai été violée».

De retour chez elle au petit matin, elle avait fait une tentative de suicide

Les faits remontent au 16 mai 2012. Ce soir-là, cette femme dépressive, alors âgée de 44 ans, noie son mal-être dans l'alcool. Police et pompiers, appelés par ses proches inquiets, finissent par la conduire au commissariat où elle est placée en cellule de dégrisement. C'est alors, raconte-t-elle, que le brigadier qui gardait les cellules lui a imposé une fellation puis un rapport sexuel sans préservatif, tout en plaquant sa main sur sa bouche pour l'empêcher de crier.

Le tout sans violences ni menaces, mais l'arme à la ceinture. L'ex-brigadier répète avoir eu «une relation sexuelle consentie». Mais, concède-t-il, «c'est possible qu'à l'époque mon jugement ait été altéré». «Ce qui m'a induit en erreur c'est certains signes comportementaux, ma main qu'elle a posé sur son sein. J'ai pris ça pour un geste de séduction».

De retour chez elle au petit matin, elle avait fait une tentative de suicide médicamenteuse et s'était confiée à l'hôpital qui a alerté la justice. L'IGPN, la police des polices, avait été saisie. Accusé de «viol commis par personne abusant de l'autorité que lui confèrent ses fonctions», l'ancien policier, père de famille, risque 20 ans de réclusion. Le verdict est attendu mercredi.