Barrage de Sivens: Tout comprendre aux raisons de la mobilisation

MANIFESTATION Un jeune homme est mort dans la nuit de samedi à dimanche sur le site…

W.M.

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Manifestation à Gaillac (Tarn) le 26 octobre 2014, après la mort d'un jeune opposant au barrage contesté de Sivens, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014
Manifestation à Gaillac (Tarn) le 26 octobre 2014, après la mort d'un jeune opposant au barrage contesté de Sivens, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 — Pascal Pavani AFP

La mobilisation contre le barrage de Sivens tourne à l’affrontement. Un jeune homme est mort dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn) et des affrontements ont opposé gendarmes et militants lors d’une manifestation hommage dans la ville de Gaillac. 20 Minutes revient sur les causes de ce désordre.

Quel est ce projet de barrage?

Ce projet est celui d’un barrage-réservoir d’1,5 million de m3 d’eau stockée. Pour mener à bien la construction, des travaux de déboisement ont commencé le 1er septembre. Depuis cette date, les rassemblements se sont multipliés aux alentours du chantier, les manifestants se hissant jusqu’à la cime des arbres, obligeant les gendarmes à les y déloger pour poursuivre les travaux. Petit à petit, ce projet fait figure de «Notre-Dame-des-Landes du Sud-Ouest», en référence à la commune voisine de Nantes où la mobilisation importante de militants écologistes a permis de geler en 2012 la création d’un nouvel aéroport contesté en Loire-Atlantique.

Qui soutient ce barrage?

La retenue d’eau est portée par le conseil général du Tarn qui estime que ce barrage est indispensable pour irriguer les terres agricoles alentour. Il promet la création d’une autre zone humide.

Pourquoi les manifestants sont contre?

Ils dénoncent un projet coûteux qui ne permettra, selon eux, qu'à irriguer les terres d’un petit nombre d’exploitants qui pratiquent une agriculture intensive. Ils ont l’appui de l’ancienne ministre Cécile Duflot, des députés écologistes Noël Mamère et José Bové, et de Jean-Luc Mélenchon qui a participé samedi à la mobilisation parmi 2.000 personnes.

Qu’en disent les experts?

La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a commandé un rapport d’experts qui a été rendu public ce lundi (document PDF). Les experts critiquent fortement le projet, jugeant sa taille surdimensionnée et son financement fragile. Ils estiment toutefois qu’il est «difficile» d’arrêter le chantier, compte tenu de «l’avancement des travaux et des engagements locaux et régionaux pris avec la profession agricole». «Le choix d’un barrage en travers de la vallée a été privilégié sans réelle analyse des solutions alternatives possible», tacle le rapport.

 

Quelles sont les réactions des politiques?

Après le décès d’un jeune homme sur le barrage, l’ancienne ministre de l’Ecologie, Delphine Batho (PS) a demandé ce lundi l’arrêt des travaux. «Je demande que l’on stoppe les travaux de ce barrage immédiatement», a-t-elle déclaré sur i>TELE. De son côté Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un «défaut de dialogue» et réclamé lui aussi l’arrêt des travaux.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a condamné les incidents qui se sont déroulés dimanche soir à Gaillac lors de la manifestation en hommage au jeune homme retrouvé mort sur le barrage. Dans un communiqué, il a appelé à la «retenue» et condamné «les responsables politiques et associatifs qui se sont autorisés à tenir des porpos approximatifs, irresponsables et polémiques».