Une femme qui a subi une IVG amputée des quatre membres

SANTE Des expertises sont en cours pour savoir ce qu’il s’est passé...

N.Beu.

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La maternité du CHU de Bordeaux, le 13 mars 2014.
La maternité du CHU de Bordeaux, le 13 mars 2014. — SERGE POUZET/SIPA

Les faits remontent à trois ans mais Priscilla Dray, jusque-là très discrète, a décidé de rompre le silence. Le quotidien Sud-Ouest raconte dans son édition de ce vendredi le drame vécu par cette commerçante bordelaise qui a subi en 2011 une interruption volontaire de grossesse (IVG) puis une amputation des deux pieds, de l’avant-bras droit et de la main gauche.

Cet été-là, la jeune femme, âgée de 36 ans et déjà mère de trois enfants, est admise au CHU de Bordeaux (Gironde), où elle a décidé de se faire avorter. L’intervention dure quelques heures, lui permettant de regagner son domicile rapidement. Le lendemain matin, elle ressent pourtant une forte fièvre et des douleurs et retourne à la maternité. Le stérilet posé après l’IVG est retiré, des prélèvements sont pratiqués, et Priscilla Dray est à nouveau renvoyée chez elle.

No comment, côté direction

Le lendemain matin, un dimanche, son état empire pourtant. Les symptômes de la septicémie lui sont diagnostiqués. Le médecin de garde lui prescrit une antibiothérapie et ordonne son retour à la maternité. La jeune femme doit pourtant attendre 17 heures, selon elle, et la venue d’un anesthésiste pour que les premiers antibiotiques lui soient administrés.

Aujourd’hui, le couple reproche à l’équipe soignante de permanence de la maternité de ne pas avoir prescrit suffisamment tôt des antibiotiques de manière à prévenir l’infection, qui a fini par aboutir sur une nécrose des tissus.

Depuis 2011, une information judiciaire a bien été ouverte par le tribunal de grande instance de Bordeaux, mais les expertises sont toujours en cours. Trop long pour Priscilla Dray et son mari, David. En attendant que la procédure aboutisse, la direction du CHU, elle, se refuse à tout commentaire.