Attentats d'Ottawa: La France est-elle préparée à une telle attaque?

SECURITE Le Parlement, l'Elysée ou Matignon pourraient être des cibles privilégiées par les terroristes...

Thibaut Le Gal

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François Hollande et deux gardes républicains, à l'Elysée, le 30 août 2014.
François Hollande et deux gardes républicains, à l'Elysée, le 30 août 2014. — WITT/SIPA

Le Canada a connu une attaque terroriste au sein même du Parlement mercredi à Ottawa. Un tel attentat est-il envisageable en France? «Dire que cela ne pourrait pas arriver, ce serait mentir. En revanche, dire que nous faisons tout pour éviter que ça se produise, c'est une réalité», explique le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, à 20 Minutes. Au lendemain de l’attaque, des Canadiens s’interrogent sur les mesures «trop laxistes» aux abords du Parlement. Quelle sécurité en France pour les palais nationaux (Elysée, Matignon, Palais Bourbon, Palais du Luxembourg)?

Agents et gardes républicains

«La sécurité du Palais du Luxembourg, dont la responsabilité incombe au Président du Sénat, est assurée par un détachement de la garde républicaine, chargée de la protection des abords et des accès du Palais, et par des effectifs civils, chargés des contrôles des visiteurs et des flux au sein des bâtiments», explique-t-on au Sénat.

A l’Assemblée nationale, c’est le même fonctionnement. Une unité «accueil et réceptions» (50 agents) procède aux contrôles de sécurité à l’aide de portiques de détection d'objets métalliques et de tunnels à rayons X pour les bagages, et établit les différents badges de sécurité. Un «service de surveillance», composé d’anciens sous-officiers, se charge de la surveillance aux portes et contrôle l’accès des véhicules 24 heures sur 24.

Des gardes républicains sont aussi mis à la disposition du Président de l’Assemblée pour des opérations de sécurisation internes et plus particulièrement de détection d’explosif. Par ailleurs, trois officiers de police «ayant rang de commandant ou de capitaine» assurent la liaison avec les services de la police nationale.

A l’Elysée et à Matignon, les gardes républicaines «assurent seuls la mission de protection. Ils contrôlent les accès, analysent, anticipent, donnent l’alerte. Ils sont à même d’intervenir immédiatement et sans délai face à toute menace, et ce, avant même de recevoir des renforts ou des directives de leurs supérieurs», écrivait Manuel Valls, alors Premier ministre, au président de la Cour des Comptes, le 2 mai 2013. Chaque jour, 900 gendarmes sont mobilisés. En cas de menace particulière, des pelotons d'intervention spécialisés et des tireurs d'élite viennent renforcer ce dispositif.

Vigilance renforcée

Par ses engagements internationaux notamment, la France pourrait être visée. «Parce qu’ils sont historiquement des symboles de la République et que leur intégrité est indispensable au bon fonctionnement des pouvoirs publics, les palais nationaux  sont des lieux particulièrement sensibles au regard des menaces multiples, au premier rang desquelles la menace terroriste», assurait Manuel Valls dans son courrier.

Avec la menace terroriste, ces dispositifs ont été réévalués. «Des mesures ont été prises concernant les édifices publics, dans cadre du renforcement Vigipirate décidé par le Premier ministre. Sans tomber dans la paranoïa, ce qui s’est passé à Ottawa ne fait que renforcer notre vigilance», assure Pierre-Henry Brandet.