TGV: La Cour des comptes flingue la grande vitesse

TRANSPORT Le réseau français serait «peu cohérent» et trop coûteux...

N.Beu. avec AFP

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Des TGV à la gare de Lyon à Paris
Des TGV à la gare de Lyon à Paris — Miguel Medina AFP

Un bon coup de pied dans l'arrière-train. Prévisions de trafic surestimées, grande vitesse pas toujours pertinente, rentabilité insuffisante en raison d'une politique de construction «systématique» de lignes... Le réseau ferrovaire français à grande vitesse est «peu cohérent» et trop coûteux, a estimé la Cour des Comptes dans un rapport publié jeudi dont les conclusions avaient déjà fuité.

Selon la Cour, ce «choix systématique de la grande vitesse ferroviaire (...) a abouti à un système peu cohérent, où les rames de TGV desservent 230 destinations et passent 40% de leur temps en moyenne sur les lignes classiques, ce qui nécessite en outre un parc important de rames». Les TGV doivent desservir moins de gares sur leurs lignes dédiées, et moins circuler sur les lignes classiques, recommandent les sages de la rue Cambon, qui plaident également pour une règlementation plus souple sur les «modes de transport longues distances routiers», l'autocar notamment, qui permettrait de replacer le TGV comme un moyen de transport parmi d'autres.

Le financement des LGV «pas assuré»

Mais la Cour des comptes préconise également de «faire prévaloir l'évaluation socio-économique des projets de LGV annoncés», de «concentrer en priorité les moyens financiers sur l'entretien du réseau» existant, et «ne pas financer des projets non rentables». Car, affirment les rédacteurs du rapport, la fréquentation a, à chaque fois, été surestimée. Résultat aujourd'hui: «sur certaines liaisons, les principales conditions de pertinence d'une ligne à grande vitesse (LGV) ne sont pas remplies» et le modèle est «à bout de souffle», son «coût devenu non soutenable».

Quant au «financement des projets de LGV déjà décidés», il n'est «pas assuré», déplore la Cour. En cause, le «haut niveau d'endettement de Réseau Ferré de France (RFF) (qui) l'empêche de financer de nouvelles lignes par emprunt», auquel s'ajoute l'abandon de l'écotaxe, dont le produit devait revenir à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf). Celle-ci «n'a déjà pas été en mesure d'honorer ses engagements budgétaires en 2013», souligne le rapport.