Décès de Christophe de Margerie: Le conducteur de la déneigeuse avait 0,6g d'alcool dans le sang

ENQUETE Le PDG de Total a trouvé la mort dans un crash d'avion dans la nuit de lundi à mardi...

N.Beu.

— 

Vladimir Martynenko, le conducteur de la déneigeuse que l'avion de Christophe de Margerie a heurtée le 20 octobre 2014, à Moscou.
Vladimir Martynenko, le conducteur de la déneigeuse que l'avion de Christophe de Margerie a heurtée le 20 octobre 2014, à Moscou. — VASILY MAXIMOV / AFP

Le conducteur du chasse-neige était bien en état d'ébriété au moment du crash de l'avion de Christophe de Margerie. Selon le comité d'enquête russe, Vladimir Martynenko avait 0,6 gramme d'alcool par litre de sang lundi soir, quand l'avion du PDG de Total a heurté sa déneigeuse, avant de s'écraser et de prendre feu.

L'employé de 60 ans a été placé en détention pour deux mois par un tribunal de Moscou. Son avocat avait auparavant démenti son ébriété, invoquant des problèmes cardiaques, mais avait reconnu que son client avait pu consommer «quelques gouttes» d'alcool.

Quatre autres employés en garde à vue

Dans les premières images de son interrogatoire montrées mercredi par les télévisions publiques russes, Martynenko dit avoir «perdu (ses) repères». «Je ne me suis pas rendu compte que j'entrais sur la piste de décollage», déclare-t-il. Son avocat a indiqué mercredi qu'il n'était pas seul à travailler et qu'il faisait partie d'une «colonne de déneigeuses». Vladimir Martynenko a dû, selon lui, sortir de son véhicule pour vérifier s'il avait heurté un obstacle, prenant un retard de «30 à 40 secondes», suffisant pour «perdre de vue la colonne». «Le convoi a quitté la piste, mais l'aiguilleur du ciel n'a pas remarqué qu'un véhicule restait encore» sur la piste, a affirmé l'avocat. L'avion a alors percuté le chasse-neige avant de s'écraser sur le dos en bord de piste.

Quatre autres employés de l'aéroport Vnoukovo, près de Moscou, ont par ailleurs été placés en garde à vue par les autorités russes. Il s'agit du chef des nettoyeurs de pistes, du responsable du contrôle des vols, de l'aiguilleur du ciel «stagiaire» qui contrôlait le décollage de l'avion de Total et de son supérieur qui la supervisait, a précisé l'institution dans un communiqué.