Congélation d’ovocytes: Et si votre entreprise vous aidait à faire un enfant après 40 ans?

RÉAGISSEZ Apple et Facebook vont financer la congélation d’ovocytes de leurs salariées. Cynique, pragmatique, lâche, sexiste ou féministe...?

C.L.

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Une femme enceinte regarde une échographie
Une femme enceinte regarde une échographie — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

La très masculine Silicon Valley penserait donc aux femmes. Selon NBC, Apple et Facebook, les deux géants américains de la high-tech, songeraient à contribuer aux frais de congélation d’ovocytes de leurs salariées. Le but: attirer les femmes les plus talentueuses dans leur entreprise, en leur permettant de faire un enfant après la date d’obsolescence programmée de leurs hormones, autour de leur 40 ans. Décision plutôt renversante en France, au vu des réactions outrées de certains journaux et politiques.

Replacée dans un système américain où l’employeur assure la couverture maladie des salariés, l’idée passe peut-être mieux. Imaginé par un secteur de haute technologie où seulement 15% des femmes sont aux commandes, le concept affole aussi, donnant l’impression de cloisonner à tout jamais maternité et ambition. Alors, un cadeau empoisonné? Nous avons posé la question aux internautes de 20 Minutes.

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Elles sont pour: «Les enfants arrêtent d’être un obstacle quand on a atteint son objectif professionnel»

Véronique a 40 ans et deux enfants de 10 et 11 ans. Inutile de se bercer d’illusions selon cette responsable comptable. «Quand on a des enfants jeunes, on nous dit qu’on ne sera pas assez disponible pour évoluer. Quand on n’en a pas encore, on craint le moment où on partira en congé maternité. Les enfants arrêtent d’être un obstacle quand on a atteint son objectif professionnel. Avant, on est obligées de faire un choix.»  Mieux, congeler tôt ses ovocytes, permettrait, selon elle, de préserver la santé des femmes. «J’ai tellement d’amies qui essaient de faire un enfant à 35 ans, n’y arrivent pas et s’embarquent dans des procédures déprimantes et épuisantes.» Rationnelles aussi, Sibel et Tata, sur notre page Facebook, avouent y penser. «Alors si mon boss y participe, c’est plutôt irréel mais génial», nous dit la seconde. 

Elles sont contre«Et s’ils commençaient par créer des crèches d’entreprise?»

«Et s’ils commençaient par créer des crèches d’entreprise?» Lisiane, sur notre page Facebook, redoute l’intrusion de l’entreprise dans la vie privée. Comme «s’ils n'avaient pas stocké assez d'infos via l'iPhone et notre profil Facebook», commente non sans ironie Shérazade, je comptais être mère à 57 ans ça tombe vraiment bien.» Le projet de grossesse deviendrait forcément «gênant» estime Lisiane et le repousser rimerait avec «rentabilité». Le message à peine voilé serait-il qu’«une femme ne peut pas mener une carrière satisfaisante si elle est maman?», interroge Kiki.