Qui est le suspect de l'affaire des meurtres de la gare de Perpignan?

JUSTICE Il faisait déjà partie des suspects identifiés à l'époque des faits...

M.P.
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Un homme de 54 ans a été interpellé mardi à son domicile de Perpignan et placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la disparition de trois femmes près de la gare de Perpignan entre 1995 et 1998
Un homme de 54 ans a été interpellé mardi à son domicile de Perpignan et placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la disparition de trois femmes près de la gare de Perpignan entre 1995 et 1998 — Raymond Roig AFP

Dix-sept ans après les faits, un homme a avoué le meurtre et le viol de Mokhtaria Chaïb, retrouvée mutilée le 21 décembre 1997, près de la gare de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Il s’agit d’un quinquagénaire, magasinier, au lourd passé de délinquant sexuel, d’après les premières informations. A l’époque, il faisait partie d'une centaine de suspects identifiés dans le cadre de l’enquête. Il avait été entendu par la police et son logis, perquisitionné. Des vêtements étrangers avaient été saisis chez lui mais les analyses n'avaient rien donné. Il a été ce jeudi mis en examen pour «viol avec armes en récidive et assassinat».

Son identité n’a pas été révélée. On sait qu’il a 54 ans et qu’il est originaire de la Somme (Picardie). Le profil qui commence à se dessiner est inquiétant, avec de nombreuses condamnations de différentes natures. Il a notamment été condamné à huit ans de prison ferme par la cour d'assises d'Amiens en 1994 pour le viol de son ex-femme sous la menace d’une arme blanche.

Il partait rôder autour de la gare

Le Parisien rapporte qu’il a eu affaire à la justice en 1999 pour des affaires d’agressions sexuelles. En 2012, il a été poursuivi pour des «violences volontaires aggravées», des menaces de mort, sur celle qui était sa concubine et la mère de ses deux enfants. Il a purgé pour ces faits neuf mois de prison et en 2013, rebelote. Après plainte de son ex-compagne, il est condamné à un an de réclusion. Une peine qu'il a fini de purger en juillet dernier.

Malgré ce casier judiciaire, son profil ADN n’est ressorti qu’en juillet dernier car il n’a été fiché qu’à partir de ce moment au sein du Fichier national automatisé des empreintes génériques (FNAEG). En effet, à l’époque de sa première condamnation, le FNAEG n’existait pas. 

Sur RTL, celle qui a partagé sa vie durant sept ans a témoigné qu'il partait fréquemment «la nuit». «On se demandait ce qu'il faisait, on n'a jamais su, à part soi-disant faire le tour de la gare.» Elle raconte dans Le Parisien une relation violente, émaillée de «d’agressions verbales, d’agressions physiques», de menaces de mort. Il lui a aussi raconté comment il souhaitait tuer son ex-femme, en l’attachant «contre un arbre» et en lui jetant «de l’acide». D’après l’avocat des familles des victimes, Me Etienne Nicolau, «l'apparent profil de prédateur» du suspect, ainsi que ses aveux, «permettent de penser que la justice ne se trompe pas».