Sécurité routière: Quelle est la stratégie des villes françaises qui comptent zéro mort ?

SECURITE ROUTIERE Selon une étude de Dekra, 53 villes françaises de plus de 50.000 habitants ont atteint au moins une fois le zéro mort sur les routes entre 2009 et 2012...

Delphine Bancaud

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Radar automatique all?es de Brienne. 17/10/11 Toulouse
Radar automatique all?es de Brienne. 17/10/11 Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Il n’y a pas de fatalité concernant la mortalité sur les routes même si le nombre de décès a progressé de 1,3% en septembre. La preuve: selon une étude de Dekra (entreprise spécialisée dans la sécurité automobile) rendue publique ce mardi, 46% des 114 villes françaises de plus de 50.000 habitants (soit 53 au total) ont atteint au moins une fois le zéro mort sur les routes entre 2009 et 2012*.

Les villes françaises de plus de 50.000 habitants qui ont atteint au moins une fois le zéro mort sur les routes entre 2009 et 2012.

Parmi ces bonnes élèves, quatre se distinguent en étant parvenu à n’avoir aucun accident mortel pendant  trois ans : Evry (Essonne), Sartrouville (Yvelines), Sevran (Seine-Saint-Denis) et Fontenay-sous Bois (Val-de-Marne).

Des exemples à suivre pour les autres communes, sachant qu’en 2013, 28% des tués et 52% des blessés sur les routes, l’ont été en ville.  Et que la France s’est fixée pour objectif de passer sous la barre des 2.000 morts sur les routes d’ici à 2020 contre 3.250 en 2013. Mais réduire l’accidentalité en ville relève du défi, comme le souligne Geoffrey Michalak, directeur technique de Dekra: «Les facteurs de risques en milieu urbain sont nombreux. D’abord parce que de multiples usagers des routes (automobilistes, motards, cyclistes, conducteurs de bus...) se partagent un espace restreint avec une densité de population importante. Et aussi parce que leur attention peut être troublée par de multiples éléments de distractions (pubs, panneaux...)».

La formation, clé de voute de la sécurité

Pour parvenir à de bons résultats en matière de sécurité routière, les 53 villes qui ont atteint le zéro mort ont donc frappé tous azimuts. «Nous avons d’abord joué sur le volet prévention, en envoyant nos policiers municipaux depuis 2008 dans les écoles et les collèges pour former les élèves à la sécurité routière. Et nous avons installé quatre radars préventifs», indique Denis Gabriel, maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), qui figure parmi les villes vertueuses.

Plus original: la ville a mis en place une opération annuelle appelée «sanction-éducation»: «Lors de celle-ci, les personnes qui ont été verbalisées participent à une journée d’éducation routière. Ce qui leur permet de ne pas perdre de point sur leur permis et de ne pas écoper d’amende», précise le maire. Des agents protègent aussi les abords des écoles quatre fois par jour et des pistes indiennes (itinéraires sécurisés jusqu’à l’école) ont été créées dans la ville. Des barrières ont été également installées sur les trottoirs devant les collèges et les lycées pour éviter que les élèves ne descendent sur la route. Mais le maire avoue aussi qu’il a aussi misé sur la répression. «Les contrôles routiers hebdomadaires sont effectués par la police nationale et municipale et un radar mobile flashe les mauvais comportements».

Investissement dans les infrastructures

De son côté, Villeurbanne (Rhône) a mis l’accent sur les infrastructures. «Nous avons fortement développé les pistes cyclables à la fois pour limiter les accidents cyclistes, mais aussi pour faire baisser le trafic automobiliste. Cela fonctionne car il a diminué de 15% entre 2008 et 2018», annonce Didier Vullierme, adjoint au maire, chargé de la sécurité. Les abords des écoles ont aussi été réaménagés pour que les passages piétons soient plus sécurisés et les zones de vitesse à 30 km/h ont été développées.

«D’autres aménagements sont aussi très efficaces en matière de sécurité routière, comme l’installation de passages piétons en biais pour permettre aux piétons de mieux voir les véhicules et d’être vus», souligne Geoffrey Michalak. Les municipalités qui investissent dans l’éclairage des routes la nuit voient également les risques d’accident diminuer. Car pour parvenir au zéro victime, il faut jouer sur tous les tableaux.

*39 villes de plus de 50.000 habitants ont atteint une fois le zéro mort sur les routes entre 2009 et 2012, 10 villes deux fois et 4 villes trois fois.