Prostitution: 200 élus réclament «l'abolition de l'esclavage sexuel»

SOCIETE Ils appellent les sénateurs à se mobiliser...

Nicolas Bégasse
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Les prostitués pourront être verbalisées lorsque l'arrêté sera voté, pour l'heure seuls les proxénètes sont inquiétés.
Les prostitués pourront être verbalisées lorsque l'arrêté sera voté, pour l'heure seuls les proxénètes sont inquiétés. — Bordas / Sipa

Des maires et élus de tous bords appellent les sénateurs, dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche, à se mobiliser contre la prostitution en adoptant rapidement la proposition de loi déjà votée à l'Assemblée nationale. Cette tribune est publiée au moment où une ancienne prostituée, Rosen Hicher, 57 ans, doit arriver dimanche à Paris au terme d'une marche de 800 km depuis Saintes (Charente-Maritime), pour réclamer « l'abolition de l'esclavage sexuel » et la pénalisation des clients.

Cette mesure phare de la proposition de loi avait fait l'objet de vifs débats lors de son adoption par les députés en décembre 2013. Depuis, la commission spéciale du Sénat a supprimé en juillet cette disposition, la jugeant inefficace pour lutter contre les réseaux et susceptible de précariser davantage les prostituées. Dans la tribune signée notamment par les maires socialistes de Paris Anne Hidalgo, de Nantes Johanna Rolland, de Strasbourg Rolland Ries, mais aussi leurs collègues UMP d'Orléans Serge Grouard ou de Mulhouse Jean Rottner, les élus rappellent que la « prostitution est d'abord une exploitation des plus vulnérables ».

Exploiter la précarité des femmes pour leur imposer un acte sexuel

Ils invitent les sénateurs « à adopter rapidement un texte équivalent, ou renforcé, à celui adopté à une large majorité par l'Assemblée nationale », sous-entendu, incluant la pénalisation des clients par une amende de 1.500 euros. Le Sénat n'a pas mis le texte à son agenda de séances. Les élus s'interrogent: « comment éduquer nos enfants dans l'égalité entre filles et garçons si les hommes peuvent exploiter la précarité des femmes pour leur imposer un acte sexuel par l'argent? »