Ecotaxe suspendue: Chez Ecomouv', les salariés «abasourdis» et «dégoûtés»

REACTIONS Ils réagissent à la décision, ce jeudi, de la ministre Ségolène Royal…

20 Minutes avec AFP

— 

Un camion passe sous un portique écotaxe endommagé, le 6 mars 2014 à Montauban-de-Bretagne
Un camion passe sous un portique écotaxe endommagé, le 6 mars 2014 à Montauban-de-Bretagne — Frank Perry AFP

Des représentants des salariés d'Ecomouv', société chargée de collecter l'écotaxe basée à Metz, se sont dit ce jeudi «abasourdis» et «dégoûtés» par l'annonce de la ministre de l'Écologie Ségolène Royal de suspendre «sine die» le péage de transit poids lourds.

Ecomouv', société basée à Metz, emploie 200 salariés et quelque 130 fonctionnaires des douanes recrutés pour la plupart entre 2012 et 2013.

«C'est une honte au regard des engagements du gouvernement», a réagi Jacques Stirn, délégué CFDT chez Ecomouv', qui dit avoir appris par la presse l'annonce de Mme Royal. «C'est la stupéfaction pour l'ensemble des salariés. Il y a à peine quelques jours la mise en place de l'écotaxe n'était même pas remise en cause», a-t-il souligné.

«Dégoût» des salariés

«Quelle valeur a la parole gouvernementale à partir du moment où celle-ci change tous les trois mois sur une question aussi importante que l'écotaxe?» s'est interrogé le syndicaliste, en rendant le gouvernement responsable d'«une situation anxiogène» pour les salariés, qui se retrouvent sans garantie de perspective de maintien des emplois.

La question sera évoquée chez Ecomouv' lors d'un comité d'entreprise (CE) qui pourrait être convoqué en urgence ces prochains jours, a-t-il indiqué.

Installation d'un centre en 2012

«Les salariés sont dégoûtés», a ajouté Pascal Martin, secrétaire Lorraine de la CFDT pour les douanes. «Il y avait une promesse politique. On demande que la taxe se mette en place», a-t-il expliqué.

En cas d'abandon définitif du dispositif, les douaniers demandent au gouvernement «un maintien à résidence des agents», a expliqué M. Martin. «Que le gouvernement commence à penser à un plan B pour reclasser les agents», a-t-il suggéré.

L'installation depuis 2012 du centre opérationnel d'Ecomouv' à Metz était l'une des contreparties de l'État en échange des restructurations militaires, qui ont durement affecté la Lorraine depuis 2009.