Coup de grâce pour l'écotaxe reportée «sine die»

ECONOMIE La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a annoncé ce jeudi le report  «sine die» de l'écotaxe...

20 Minutes avec AFP

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Ségolène Royal avec les représentants des transporteurs routiers le 9 octobre 2014 à Paris
Ségolène Royal avec les représentants des transporteurs routiers le 9 octobre 2014 à Paris — Patrick Kovarik AFP

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a annoncé ce jeudi la suspension «sine die» du péage de transit poids lourds, donnant de facto le coup de grâce à ce dispositif controversé et désamorçant une mobilisation potentiellement dure des transporteurs routiers.

«Nous avons accompli un pas décisif»

Au terme d'une rencontre de près de trois heures entre Ségolène Royal, le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies, et les fédérations de transporteurs routiers, le péage de transit poids lourds, redevenu «écotaxe» dans la bouche de la ministre, a connu un nouveau report.

«Nous avons décidé, premièrement, de suspendre sine die le dispositif d'écotaxe, deuxièmement de créer un groupe de travail (...) troisièmement, d'intensifier la recherche de solutions sur la situation économique et sociale globale du secteur», a affirmé Ségolène Royal à l'issue de cette rencontre.

Les fédérations de transporteurs routiers ont aussitôt annulé leur mouvement.

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«Nous avons accompli un pas décisif», s'est également réjoui Nicolas Paulissen, délégué général de la FNTR, évoquant les «négociations serrées qui ont abouti à cette décision».

«Tout simplement scandalisée»

Première personnalité politique à réagir, Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts (EELV), s'est dite «tout simplement scandalisée» par cette annonce.

Pour Ségolène Royal, le contrat signé par le gouvernement Fillon avec Ecomouv', consortium franco-italien chargé de la mise en place de l'écotaxe et de sa collecte, à qui doivent être versées 40% des recettes du péage de transit, pose «quand même un problème», et comporte «beaucoup d'anomalies».

Elle en souhaite la remise à plat.

Les autoroutes dans le viseur

Sans les près de 400 millions d'euros que devait rapporter le péage aux collectivités et à l'Agence de financement des infrastructures de transport en France (AFITF), il va désormais falloir trouver un autre moyen pour financer les infrastructures de transports.

Les sociétés concessionnaires d'autoroutes, dans le viseur du gouvernement depuis la publication en septembre d'un rapport de l'Autorité de la concurrence, qui faisait état d'une situation de «rente», pourraient bien être invitées à mettre la main à la poche.

Ségolène Royal a invoqué leurs «super profits», et un «sentiment d'injustice qui justifie qu'on prenne le temps de mettre à plat qui paie quoi dans l'usage des infrastructure».