Vaccins: Marisol Touraine «préoccupée» par un mouvement de «défiance»

SANTE «La liberté s'arrête là où commence la santé publique», a ajouté la ministre, évoquant les parents qui refusent de faire vacciner leurs enfants...

20 Minutes avec AFP

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Marisol Touraine, ministre de la Santé, le 2 octobre 2014 à Paris.
Marisol Touraine, ministre de la Santé, le 2 octobre 2014 à Paris. — ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

La ministre de la Santé Marisol Touraine a lancé jeudi «un appel» pour qu'il n'y ait pas d'arrêt de vaccination en France, se disant préoccupée «par un mouvement de défiance envers les vaccins».

Alors qu'un couple comparaît jeudi devant le tribunal correctionnel d'Auxerre pour avoir refusé de faire vacciner leur fille de 3 ans, la ministre a rappelé sur i-Télé que «les vaccins, c'est absolument fondamental pour éviter les maladies».

«La liberté s'arrête là où commence la santé publique»

«Il y a un mouvement qui me préoccupe en France de méfiance, de défiance même vis-à-vis des vaccins», a-t-elle relevé. «Il y a un mouvement de personnes qui refusent par principe la vaccination au nom de la liberté. La liberté s'arrête là où commence la santé publique et la sécurité de l'ensemble de la population», a déclaré la ministre.

«Je lance un appel à ce qu'il n'y ait pas d'arrêt de vaccination, et que l'on ne prenne pas de risque avec sa santé et avec celle de l'ensemble des Français», a-t-elle poursuivi.

Concernant la comparution du couple devant la justice, la ministre a rappelé que la vaccination contre la polio était obligatoire. «Je préfère que les affaires puissent se régler autrement que devant la justice», a-t-elle toutefois ajouté.

Etude de transparence pour rassurer

Ces parents, qui ont refusé de faire vacciner leur fille contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP), se disent notamment préoccupés par la présence d'adjuvants dans les vaccins.

«Il n'y a pas de raison particulière d'avoir des inquiétudes sur ce que l'on appelle les adjuvants, un produit que l'on ajoute dans le vaccin pour permettre son efficacité maximale», a assuré la ministre.

«Ce débat sur les adjuvants a pris une importance en France que l'on ne trouve pas dans les autres pays», a-t-elle déploré, rappelant qu'elle avait «lancé une étude pour rassurer, pour faire la transparence sur ces sujets-là car la transparence est la meilleure alliée de la confiance».

La ministre a souligné que la polio était une maladie qui faisait sa réapparition. «Il y a un risque d'épidémie de polio assez important en Syrie», a-t-elle relevé. Face à l'épidémie d'Ebola, on voit bien que «la solution c'est le vaccin », a-t-elle encore fait valoir.