Aider les aidants, c'est possible

SOCIAL Ce lundi a lieu la journée nationale des aidants. Une situation qui concerne 8,3 millions de personnes en France...  

Delphine Bancaud

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ILLUSTRATION AIDANT
ILLUSTRATION AIDANT — GILE MICHEL/SIPA

Epuisement, isolement, désarroi… Voilà souvent les sentiments qui assaillent les 8,3 millions d’aidants en France, soutenant au quotidien un proche, malade, en situation de handicap ou de dépendance.

A l’occasion de la journée nationale des aidants qui se déroule ce lundi, l’Association nationale des aidants ouvre une ligne téléphonique (09.69.39.74.70) jusqu’au 10 octobre pour permettre aux aidants d’être conseillés et de trouver des informations sur les initiatives locales existantes près de chez eux pour les soutenir. De son côté, le groupe mutualiste Malakoff Médéric lance lesitedesaidants.fr, pour mettre à leur disposition des informations sur les solutions qui leur sont proposées. Et jusqu'au 18 octobre, un programme court intitulé «La minute des aidants» présentera tous les soirs sur France 5 à 20h35 les dispositifs qui existent.

«Je me sentais prisonnière»

Car beaucoup d’aidants méconnaissent les dispositifs d’aides qui leur sont accessibles et manquent de temps pour rechercher des informations pratiques. «Pourtant, être soutenu est indispensable lorsqu’on s’occupe d’un proche dépendant, car on ne peut pas être aidant et aimant», affirme Dominique, qui vit à Soissons (Aisne) et dont le père est atteint de la maladie d’Alzheimer depuis 14 ans. Très présente auprès du malade, elle l’a même accueilli chez elle à plein-temps pendant trois mois, alors que sa propre mère était hospitalisée. «C’était très perturbant. J’étais très affectée par l’état de mon père. J’étais aussi usée car je devais travailler en parallèle. Et je me sentais prisonnière de cette situation», confie-t-elle. En se renseignant, Dominique a découvert que son père pouvait bénéficier de l’APA (allocation personnalisée d'autonomie) et a mis en place des soutiens extérieurs: «Une auxiliaire de vie vient faire la toilette de mon père chaque jour et une autre professionnelle vient 1h30 par jour le stimuler intellectuellement à l’aide de jeux».

Claire, Parisienne, n’a pas hésité non plus à se faire épauler concernant sa mère, atteinte d’une dégénérescence sénile. «Depuis trois ans, sa perte de mémoire est totale. Mais si je n’avais pas pu être aidée, j’aurais été contrainte de la mettre en maison de retraite», confie cette consultante, qui a pu ainsi poursuivre sa vie professionnelle sans ambages. Trois fois par jour, une auxiliaire de vie passe aider sa mère à se nourrir, se laver, s’habiller… «Déchargée des actés de la vie quotidienne, je n’ai plus qu’à gérer les rendez-vous médicaux et les démarches administratives… Le poids psychologique n’est pas le même», explique-t-elle.

Des accueils de jour aussi possibles

Isabelle, mère au foyer parisienne, a aussi pu maintenir son père, atteint de la maladie de Parkinson, à domicile, grâce aux services sur lesquelles l’Association nationale des aidants l’a aiguillée. «Mon père a une aide ménagère quelques heures par semaine. Et si sa maladie évolue, je pourrais solliciter l’association pour demander d’autres services», indique-t-elle. Car pour cette mère de trois enfants, s’occuper de son père a plein-temps ne serait pas possible. «C’est difficile de voir ses parents vieillir. Les rôles s’inversent. Alors savoir qu’on peut avoir des aides s’il devient totalement dépendant, c’est très rassurant», explique-t-elle.

Il existe aussi des structures d'accueil de jour ou l’hébergement temporaire, notamment dans des établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), qui permettent d'accueillir les malades pendant quelques heures. Un temps de répit plus que nécessaire pour les aidants.