Faits divers: Quatre réponses aux questions que l'on peut se poser concernant la jeune Grenobloise retrouvée à Marseille

DECRYPTAGE Elle a été arrêtée samedi soir à Marseille et doit être présentée à un juge pour enfants lundi...

A.Le G. avec AFP

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Illustration d'une voiture de police à Marseille. C'est dans cette ville quAssia Saidi a été retrouvée.
Illustration d'une voiture de police à Marseille. C'est dans cette ville quAssia Saidi a été retrouvée. — Boris Horvat AFP

Soulagement pour ses parents. Disparue depuis quatre jours du domicile familial à Villefontaine dans l'Isère, l'adolescente de 15 ans suspectée d'avoir fugué pour aller «faire le djihad» en Syrie a été retrouvée samedi soir à Marseille.

Où est-elle maintenant? Assia Saidi, dont l'identité a été dévoilée ce dimanche par le procureur de la République de Vienne, a été placée en garde à vue pour le vol de la carte bancaire de ses parents.

C'est d'ailleurs grâce à cette carte bancaire, avec laquelle elle avait tenté de faire plusieurs retraits, que la jeune fille a pu être retrouvée à Marseille.

Comment en est-elle arrivée là? «J'ai été entraînée en voyant les vidéos, a-t-elle déclaré à la radio RTL, semble-t-il samedi soir avant son placement en garde à vue. Après je suis arrivée à Marseille et j'ai rencontré des gens qui m'ont beaucoup aidée et m'ont expliqué que le djihad n'était pas l'islam, que là-bas, c'était des terroristes qui tuaient des femmes et des enfants. Donc, après, j'ai arrêté».

C'est en découvrant l'existence d'un compte Facebook, que la collégienne cachait à ses parents et utilisait sous un pseudonyme, que les enquêteurs avaient mis au jour son intention de gagner la Syrie par le sud de la France, comme nombre de ses compatriotes ainsi que le rappelle Mathieu Guidère. «Nous avons recensé tellement de cas depuis deux ans que nous pouvons parler d’un véritable phénomène», confirme l'islamologue et agrégé d’arabe.

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«Les messages qui y figuraient étaient univoques et démontraient qu'elle avait des velléités de fugue depuis plusieurs semaines, avec la perspective de quitter le territoire national pour aller faire le djihad», avait indiqué mardi le procureur de la République de Vienne, qui avait ouvert une enquête pour «disparition inquiétante» et lancé un appel à témoins.

Quelles suites judiciaires? Peu avant six heures dimanche matin, la jeune fille a ensuite été «prise en compte par les gendarmes de la brigade des recherches de Bourgoin-Jallieu qui la ramènent actuellement sur le ressort judiciaire de Vienne et poursuivent les investigations afin d'établir l'ensemble des éléments afférents à cette disparition», a précisé ce dimanche le procureur de la République de Vienne. Sa garde à vue a été prolongée dimanche soir, a annoncé le procureur de la République de Vienne. La jeune fille doit être présentée lundi à un juge pour enfants, a précisé Matthieu Bourrette lors d'une conférence de presse dimanche au palais de Justice de Vienne.

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En quoi les nouvelles dispositions de la loi antiterroristes ont aidé à la retrouver? L'adolescente était inscrite au fichier des personnes recherchées par les autorités françaises qui avaient pris à son encontre une mesure d'opposition à sortie du territoire (OST). C'est en effet ce que prévoit le premier chapitre des nouvelles lois antiterroristes, qui permet à l’Etat d’interdire le départ d’un Français vers des zones de djihad. Autre disposition qui pourrait concerner Assia Saidi: l’entreprise terroriste individuelle, qui vise à lutter contre et pénaliser «l’auto-radicalisation».

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