Les participants à la Manif pour tous dénoncent «la famille en péril»

REPORTAGE A Paris, des milliers de manifestants ont battu le pavé de la Porte Dauphine à Montparnasse ce dimanche...

Delphine Bancaud

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Des manifestantes de La Manif pour tous, le  octobre.
Des manifestantes de La Manif pour tous, le octobre. — D.Bancaud/20minutes

Ils sont venus avec leurs drapeaux roses et bleus. Et même parfois bleu, blanc, rouge. La foule est compacte ce dimanche à 13 heures Porte Dauphine à Paris (77.500 personnes selon la police, 530.000 selon les organisateurs). Beaucoup de familles, de groupes de jeunes et de retraités sont venus battre le pavé pour témoigner de leur opposition à la gestation pour autrui (GPA). Mais pas seulement.

Les manifestants veulent aussi affirmer leur opposition à l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes, au supposé enseignement d'une «théorie du genre» à l'école, au coup de rabot de certaines prestations familiales... Tout en demandant encore et toujours la suppression du mariage pour tous.

Défendre la politique familiale dans son ensemble

Des revendications tous azimuts dont témoignent les pancartes tenues par les manifestants: «Papa + maman, n’y a pas mieux pour un enfant», «Stop au matraquage fiscal des familles», «Une loi ça s'abroge», «Egaux et différents»...

En début de cortège, portant une banderole «L'humain n'est pas une marchandise» plusieurs élus UMP ne se font pas prier pour répondre aux journalistes: «Je suis là pour défendre la politique familiale. Je demande à ce que soit inscrite clairement dans la constitution l'interdiction de la GPA», déclare le député de Haute-Loire, Laurent Wauquiez. «La famille est en danger. La GPA est tolérée», renchérit, la députée européenne, Michèle Alliot-Marie.

Les propos de Valls n'ont pas rassuré

Quelques mètres plus loin, un groupe de jeunes femmes, arborant bonnets phrygiens et robes de Marianne prennent la pose devant les photographes.«La GPA est en voie de légalisation. Car le gouvernement pouvait contester l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme qui a contraint la France à reconnaître les enfants nés d'une mère porteuse», croit savoir l'une d'elles, Violaine. Et avec la PMA, elle estime que l'on «va vers l'eugénisme. On va pouvoir choisir les donneurs en fonction de critères très précis», assure-t-elle.

>> A retrouver par là: Ce que représentent la GPA et la PMA

Nathalie, célibataire, qui a répondu présente à toutes les mobilisations de la Manif pour tous, affirme aussi ne pas avoir été rassurée par les propos de Manuel Valls affirmant que la GPA «est et sera interdite en France»: «Je ne le crois pas. Il s'agissait de propos démagogiques visant à réduire le nombre de manifestants aujourd'hui, assure-t-elle. Dénonçant «le double jeu permanent du gouvernement», elle est aussi persuadée «qu'une partie des programmes scolaires actuels vise insidieusement à instaurer l'indifférenciation des sexes dès la petite enfance».

La famille en péril

Venue avec son mari et ses trois enfants, Anne-Laure est aussi convaincue que «le gouvernement prépare autre chose. La famille est en péril». «Il faut purement et simplement abroger la loi Taubira. La manifestation d'aujourd'hui fera peut-être bouger les lignes», soutient son mari.

Et pour Charlotte, qui agite un drapeau breton, le fait que la Manif pour Tous ne rassemble autour de ses idées que près d'un Français sur trois, ne changera rien: «La mobilisation croît de manif en manif. Hollande sera obligé de nous écouter un jour», affirme-t-elle, avant de regagner son groupe d'amis qui scande: «Matraquage fiscal, malaise familiale, famille attaquée, société en danger».

Quelques mètres plus loin, la sono d'un camion fait hurler «Papaoutai», de Stromae, repris en chœur par les jeunes manifestants.