Vue générale du Mondial de l'automobile, le 3 octobre 2014 à Paris
Vue générale du Mondial de l'automobile, le 3 octobre 2014 à Paris — Miguel Medina AFP

Automobile

Mondial de l'automobile: le salon ouvre ses portes à Paris

"Oh, les bagnoles!": des dizaines de milliers d'amateurs de belles mécaniques ont commencé à déferler samedi au Mondial de l'automobile, qui a ouvert ses portes à Paris.

«Oh, les bagnoles!»: des dizaines de milliers d'amateurs de belles mécaniques ont commencé à déferler samedi au Mondial de l'automobile, qui a ouvert ses portes à Paris.

 

Dès l'ouverture des portes à 10H00, acheteurs potentiels ou simples curieux, certains après une heure et demie d'attente, se sont égaillés dans les travées des pavillons du Parc des expositions, transformé jusqu'au 19 octobre en temple à la gloire de la voiture individuelle.

«On a la journée, on a l'intention de tout voir», explique à l'AFP Lionel Cremel, venu de Toulouse avec son fils Elian, 14 ans. Ce passionné des Porsche a avant tout l'intention d'aller admirer «les supercars, les voitures qu'on ne voit pas tous les jours».

Il n'est pas le seul, à en juger par la cohue qui s'est formée dès l'ouverture autour des stands Ferrari, où les pur-sangs écarlates sont prudemment séparés du public par des garde-fous en verre épais.

Même grosse affluence à l'autre bout du Parc des expositions devant le podium de Lamborghini, où la marque au Taureau a frappé un grand coup avec l'Asterion, aux lignes à la fois voluptueuses et acérées inspirées de la Miura des années 1960 mais dissimulant une mécanique hybride essence-électricité.

Une jeune fille s'offre un «selfie» devant le prototype bleu métallisé tandis qu'un père de famille, tenant la main de son petit garçon, s'écrie «oh, les bagnoles!». Il restera au salon, confie-t-il, «jusqu'à ce que la fatigue s'installe».

Sur le stand Renault, la grande vedette est le nouvel Espace, qui quitte l'univers des monospaces dont il fut à l'origine il y a 30 ans pour se rapprocher de celui des 4x4, avec sa carrosserie surélevée.

 

- Timide croissance après la déprime -

 

David Garbous, lui aussi accompagné de son fils, observe la voiture avec intérêt. «Ca ressemble à des modèles américains, avec plus de fluidité dans le design», affirme-t-il. «Ce que j'apprécie c'est la position haute, ça donne un sentiment de sécurité sur la route, et la possibilité d'avoir de la place sans se prendre la tête», poursuit-il.

Il confesse aussi son intérêt pour les véhicules électriques dont les ventes, malgré les incitations gouvernementales et une offre de plus en plus étoffée, peinent toujours à décoller en France.

Conscience écologique ou économies d'énergie obligent, les constructeurs misent aussi sur les moteurs peu gourmands, à l'instar de Peugeot et Citroën qui visent les deux litres aux 100 km avec des prototypes recourant à l'air comprimé, tandis que Renault assure pouvoir consommer un litre aux 100 avec son démonstrateur «Eolab».

«En 2e voiture, je suis prêt à franchir le pas (vers l'électrique), en pensant à l'avenir des enfants», assure Yves Lavaud, venu avec son épouse Sandrine et leur fille Emilie, 12 ans. Le Mondial, chez eux, est un «rituel» tous les deux ans. Ces amateurs de Renault sportives sont toutefois venus depuis Rambouillet en transports en commun, «parce que ce n'est pas évident de se garer» porte de Versailles, où se dressent les pavillons.

M. Lavaud veut d'abord voir «Renault et Peugeot». «On est un peu tricolores, on essaie de les soutenir parce qu'ils en ont bien besoin», confie-t-il.

Chez Peugeot justement, les badauds, entre deux regards furtifs vers les ravissantes hôtesses, en ont surtout après les concept-cars: le 4x4 aux lignes acérées «Quartz» et la berline effilée «Exalt» sur son podium tournant.

Le Mondial 2014 a lieu sur fond d'une reprise timide du marché en Europe, après cinq ans de déprime. Les Européens achètent encore 20% de moins de voitures neuves en rythme annuel qu'en 2007, avant la crise économique et financière.

Le salut des industriels, au niveau mondial, devrait venir des pays émergents et en particulier de la Chine, qui absorbera quelque 24 millions de voitures neuves cette année.

Après le président François Hollande vendredi, le Premier Ministre Manuel Valls, ainsi que les ministres de l'Economie, Emmanuel Macron, et de l'Ecologie, Ségolène Royal, ont prévu de venir samedi prendre un bain de foule, saluer constructeurs, équipementiers et autres professionnels du secteur.

Lors de la précédente édition, en 2012, le Mondial de l'automobile avait attiré 1,2 million de visiteurs.