L'homme accusé d'avoir transmis le VIH condamné à douze années de réclusion criminelle

JUSTICE L'homme de 40 ans a été reconnu coupable d'avoir contaminé une femme...

20 Minutes avec AFP
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Christophe Morat, l'homme atteint du VIH
Christophe Morat, l'homme atteint du VIH — AFP

La cour d'assises des Bouches-du-Rhône a prononcé jeudi une peine de douze années de réclusion criminelle contre Christophe Morat, jugé depuis lundi pour avoir transmis le VIH, sciemment et en récidive.

L'homme de 40 ans a été reconnu coupable d'avoir contaminé une femme et d'en avoir exposé cinq autres à ce risque. Il avait déjà été définitivement condamné en 2005 pour des faits similaires à six ans d'emprisonnement.

L'homme aux deux personnalités

L'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle contre cet homme de 40 ans, qui avait déjà été définitivement condamné en 2005 à six ans d'emprisonnement pour des faits similaires.

L'avocate générale Martine Assonion l'a dépeint jeudi comme un homme «théâtral, comédien», «charmeur, séducteur», mais qui possède «deux personnalités», le «tendre» et le personnage «abject, qui parle de manière dure».

«La trahison, l'infidélité, sont le lot de la nature humaine, mais ne constitue pas une infraction pénale», rappellera pour la défense Me Barbara Camoin.

La contamination au VIH, une «infirmité permanente»?

L'avocate générale a aussi affirmé que Morat «connaissait tous les modes de transmission» du VIH, alors que certaines partenaires ont raconté comment il prétendait qu'il n'y avait «pas de risques» puisque il n'éjaculait pas en elles.

La contamination au VIH, une «infirmité permanente»? «Vous devez la caractériser», a demandé Me Christophe Bass, autre avocat de l'accusé, aux jurés. «Est-ce que le traitement à vie est une infirmité?» a-t-il questionné, en faisant référence aux progrès de la thérapeutique contre le VIH.

Dans le cas de l'administration de substance nuisible, «la tentative n'est pas punissable», a argué un autre de ses avocats, Me François Mason, pour tenter de faire tomber les charges concernant les cinq femmes exposées, mais non contaminées. Me Mason s'est surtout attaché à démontrer l'absence de préméditation, qui a justifié son renvoi devant une cour d'assises, et non devant un tribunal correctionnel.

 «Le sida, c'est le cumul de trois grands tabous : le sexe, le sang, la mort», a-t-il également lancé pour expliquer son incapacité à avouer sa séropositivité à ses partenaires.

Quant à l'atteinte à l'intégrité psychique des victimes non contaminées, c'est «un préjudice lié à la prise de risque des plaignantes», a avancé Me Camoin.

L'accusé nie avoir menti sur les risques

Bras croisés, d'une voix hésitante, parfois ému, a ainsi déploré l'accusé «ne pas avoir pris la décision par (lui)-même d'avoir mis un préservatif», tout en niant avoir menti sur les risques qu'encouraient ses partenaires, notamment à celle à qui il a transmis le virus: «A aucun moment, je lui ai fait croire que je n'étais pas contaminant.»

A la fin de l'audience, Christophe Morat a de nouveau demandé pardon aux femmes assises en face de lui sur le banc des parties civiles, avant que le jury se retire pour délibérer.