Sécurité sociale: Quelles conséquences sur le taux de natalité?

SOCIETE Le gouvernement a annoncé lundi la diminution des montants de certaines allocations familiales...

T.L.G.

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Illustration natalité
Illustration natalité — Philippe Huguen AFP

Le gouvernement a tranché. La ministre de la Santé et des Affaires sociales a dévoilé lundi avec son collègue du Budget Christian Eckert son projet de loi de financement de la Sécurité sociale. 700 millions d’économies vont être réalisées sur la branche famille en 2015. Congé parental, prime à la naissance, aides à la garde d’enfants… Les familles vont voir leurs prestations diminuer. «Ce gouvernement aime les familles, il les soutient, les accompagne», a tenté de rassurer la ministre des Affaires sociales. En vain. Syndicats et associations familiales se sont élevés pour dénoncer ces mesures.

Une perte de pouvoir d’achat pour les familles

L'Unsa (Union nationale des syndicats autonomes) a estimé que c'est dans le domaine des prestations familiales que «les mesures annoncées sont les plus douloureuses». Elle souligne que le report de 14 à 16 ans de la majoration des allocations familiales va toucher «de plein fouet» les «plus modestes d'entre elles, ce qui n'est pas admissible.»

«Avec ce report de deux ans, les familles vont perdre 1.500 euros par enfant», a calculé l'Union nationale des associations familiales (Unaf). «La droite comme la gauche font de la politique familiale la "vache à lait" de la Sécu», a regretté l'Union des Familles en Europe. Ces «mesures répétées contre les familles avec des jeunes enfants finiront par avoir des effets catastrophiques sur l’économie, sur la natalité et sur l’emploi des femmes», ajoute l’Unaf dans un communiqué.

Des conséquences sur la natalité?

Ces mesures peuvent-elles avoir un impact négatif sur le taux de natalité? «Le gouvernement va réduire le congé parental et diminuer les aides à la garde d'enfant pour les ménages les plus aisés. La combinaison de ces deux mesures aura un effet non-négligeable sur la décision des ménages de faire ou non un enfant», explique Olivier Thévenon, responsable de la démographie économique à l'Ined (Institut national d'études démographiques) sur le site du Nouvel observateur.

Pour compenser ces mesures, le gouvernement entend développer les services de garde pour les plus jeunes enfants (crèches, services d’accueil). 275.000 places d'accueil pour les enfants de moins de trois ans devaient être créées d'ici à 2017.

La natalité reste une des forces de l’économie française, malgré une légère baisse (-1.2%) relevée par l’Insee en 2013. La France dépense pour sa politique familiale «4% du PIB contre 2,9% en moyenne dans l’OCDE», explique Olivier Thévenon au Figaro. «La force de la France et des pays nordiques est de dépenser beaucoup en services d'accueil pour les jeunes enfants: 1,8% à 1,9% du PIB en France contre 0,8% pour l'ensemble de l'OCDE et 2,3% au Danemark. Or ce sont ces dépenses-là qui sont déterminantes pour la fécondité», développe-t-il.