Le meurtrier présumé de Marie-Jeanne Meyer devant la justice

JUSTICE La jeune femme de 17 ans avait été tuée, démembrée et brûlée alors qu’elle faisait son jogging sur une colline de l’Ardèche…

Vincent Vantighem

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Tournon-sur-Rhône (Ardèche), le 21 juin 2011. Un groupe composé de pompiers, de secouristes et de volontaires effectuent des recherches pour retrouver Marie-Jeanne Meyer, disparue alors qu'elle faisait son jogging.
Tournon-sur-Rhône (Ardèche), le 21 juin 2011. Un groupe composé de pompiers, de secouristes et de volontaires effectuent des recherches pour retrouver Marie-Jeanne Meyer, disparue alors qu'elle faisait son jogging. — FAYOLLE PASCAL/SIPA

Sa petite sœur a fait une tentative de suicide. Son frère est «prostré» depuis juin 2011. Quant à son père, il retourne fréquemment pour «entretenir» la fosse où le corps de sa fille avait été découvert démembré et à moitié brûlé. «Comment voulez-vous qu’ils fassent leur deuil? interroge David Metaxas, leur avocat. Anthony Draoui n’a, pour l’instant, pas fourni la moindre explication sur son geste.»

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Agé de 22 ans, ce marginal a toute la semaine pour le faire. Arrêté en 2012 après un an de cavale, il est jugé à partir de mardi devant la cour d’assises de l'Ardèche, à Privas, pour le meurtre de Marie-Jeanne Meyer. Ce soir de juin 2011, la jeune fille de 17 ans était partie faire un jogging sur les collines de Tournon-sur-Rhône, pour se détendre à quelques jours des premières épreuves du baccalauréat, quand elle l’a «rencontré».

Frappée, poignardée, démembrée et brûlée

S’il n’a pas eu le moindre mot de remords depuis son arrestation, «il ne va pas fuir ses responsabilités durant le procès», assure d’ores et déjà Serge Billet, son avocat qui va tout faire pour «le rendre humain». La tâche est ardue. Anthony Draoui est accusé d’avoir emmené Marie-Jeanne dans le campement de fortune qu’il occupait sur les collines couvertes de vignes et de vergers, de l’avoir frappée à coups de pierres et de barre de fer, de l’avoir poignardée et démembrée avant d’incinérer le corps.

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C’est d’ailleurs ce feu au milieu des collines repéré par un riverain qui avait permis aux enquêteurs de retrouver le cadavre après trois jours de recherches. «Je ne vois pas ce qu’il a oublié de lui faire, s’émeut David Metaxas. Comment quelqu’un peut-il aller si loin dans l’horreur?»

Une mère «dépressive, violente et alcoolique»

Pour essayer de répondre à cette question, Serge Billet, l’avocat du jeune homme, compte évoquer son enfance cabossée. Marginal au moment des faits, Anthony Draoui avait quitté quelque temps avant le foyer où il vivait avec sa mère «dépressive, alcoolique et violente», selon le dossier. «Cela ne justifie rien mais son parcours a été plus que chaotique», poursuit l’avocat.

David Metaxas, lui, s’apprête à soutenir la famille toujours sous le choc. «Ils veulent que toutes les questions soient abordées, justifie-t-il. Pour tenter de comprendre, il faut parfois remonter aux racines du mal.» Anthony Draoui encourt une peine de trente années de prison. Le verdict est attendu vendredi soir.

L’hypothèse d’un deuxième homme

La famille de Marie-Jeanne compte profiter du procès pour que l’accusé soit interrogé sur l’hypothèse de la présence d’un deuxième homme qui aurait pu commettre le crime avec lui. «Il a toujours assuré qu’il était seul», répond déjà Serge Billet, l’avocat d’Anthony Draoui. Un ADN non identifié a bien été découvert sur le soutien-gorge de la jeune fille. «Mais il a pu être posé là bien avant les faits», remarque encore l’avocat.