Fin de vie: Rachel Lambert publie un livre pour qu’on «laisse partir Vincent»

SANTE Son époux, Vincent, est au centre d’un conflit familial sur la fin de vie depuis un accident de moto qui l’a laissé dans un état végétatif…

Vincent Vantighem

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Rachel Lambert, interviewée dans le cadre de l'émission «Sept à huit» sur TF1 à l'occasion de la sortie de son livre.
Rachel Lambert, interviewée dans le cadre de l'émission «Sept à huit» sur TF1 à l'occasion de la sortie de son livre. — SEPT A HUIT / TF1

Fière autant qu’émue, elle apparaît en robe de mariée dans les bras de l’homme qu’elle aime. Rachel Lambert n’a sans doute pas choisi par hasard la photo qui orne la couverture du livre qu’elle publie ce lundi aux éditions Fayard. Riche en émotion et en intimité, Vincent, parce que je l’aime, je veux le laisser partir est d’abord et surtout un moyen de rappeler qu’elle est toujours son épouse. Et qu’à ce titre, elle sait mieux que personne ce qu’il aurait voulu.

>> Où en est le débat sur la fin de vie de Vincent Lambert?

Agé de 38 ans, Vincent Lambert ne peut pas le dire lui-même. Il ne le peut plus. En état végétatif depuis un accident de la route, il est, aujourd’hui, dans un coma dit «pauci-relationnel». Il bouge les yeux et ressent de la douleur. Mais il est impossible de communiquer avec lui. Et son état ne devrait plus s’améliorer.

Alors que Rachel plaide pour qu’on arrête de l’alimenter et qu’on «le laisse partir», les parents du jeune homme ont, eux, saisi jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) –dont on attend la décision– pour qu’il continue à vivre (lire l’encadré).

«Je suis et je reste celle qu’il a choisie»

Il ne faut d’ailleurs pas feuilleter plus de trois pages pour comprendre que celui qui l’appelait «Rachou» est au cœur d’un conflit familial inextricable. «Ses parents pensent détenir la vérité de Vincent, écrit-elle. Je pense le contraire. Peut-on appeler avec dignité «vie» cet état d’ultime dépendance? Je ne le crois pas.»

Trempant sa plume dans les larmes qui l’accompagnent depuis 2008, la jeune femme conclut son premier chapitre de la plus claire des manières: «Moi, je souhaite que cesse enfin ce maintien en vie artificiel. Je suis et je reste celle qu’il a choisie, c’est pourquoi, aujourd’hui, je prends la parole: en acceptant de le laisser partir, je lui sauve la vie. Laisser partir Vincent est ma dernière preuve d’amour.»

La promesse de 2007

«Le problème dans cette affaire, c’est que tout le monde aime profondément Vincent, confiait à 20 Minutes la semaine dernière, Jean Paillot, l’un des avocats des parents du jeune homme. Et tout le monde pense donc détenir la meilleure solution pour lui.» Pierre et Viviane, ses parents, estiment qu’il est «mal soigné» aujourd’hui mais qu’il pourrait, malgré son état, profiter d’un projet de vie.

Epaulée par plusieurs frères et neveux de son mari, Rachel estime, quant à elle, que l’état de Vincent ne peut plus s’améliorer. Elle se souvient surtout d’une «promesse» qu’il lui a demandée de faire, en 2007, à l’aube de leur mariage. «Il me demande de faire ce qu’il faut pour qu’il parte si quelque chose lui arrive. Aujourd’hui, je crève de nous survivre mais je dois le faire pour toi.»

Vidéo: Rachel Lambert évoque la promesse de 2007 sur TF1
 

Et de conclure sa déclaration d’amour de 250 pages par ses mots : «Je suis avec toi, je ne t’abandonne pas. Dors petit cœur. Ferme les yeux, repose-toi.»