Les trois djihadistes présumés de retour de Syrie mis en examen et écroués

ENQUETE L'un d'entre eux est le beau-frère de Mohamed Merah...

20 Minutes avec AFP
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Illustration: Le palais de justice de Paris.
Illustration: Le palais de justice de Paris. — SUPERSTOCK/SIPA

Les trois djihadistes présumés, qui se sont rendus aux autorités après être rentrés de Syrie sans être inquiétés, ont été mis en examen et écroués ce samedi par un juge antiterroriste à Paris, a indiqué à l'AFP l'un de leurs avocats, Me Pierre Dunac.

Les suspects ont été mis en examen pour «association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes», a précisé l'avocat, selon qui les trois hommes contestent fermement tout projet terroriste en France. Ils ont été placés en détention provisoire samedi en fin de journée.

Retour rocambolesque

Parmi les trois djihadistes présumés figurent le beau-frère de Mohamed Merah, Abdelouahab El-Baghdadi, et l'un de ses amis d'enfance, Imad Jjebali, déjà condamné dans une affaire de filière djihadiste vers l'Irak en 2009.

Le retour rocambolesque des trois hommes, soupçonnés d'appartenir à une cellule djihadiste du sud-ouest de la France, avait mis le gouvernement dans l'embarras. Attendus mardi à Orly après leur expulsion de Turquie, où ils étaient revenus après leur séjour en Syrie, ils ont embarqué dans un autre avion et ont atterri à Marseille sans être inquiétés. Finalement, ils se sont rendus mercredi à la gendarmerie du Caylar (Hérault) et ont été déférés samedi, après trois jours de garde à vue.

>> A relire: Le récit de l'arrestation manquée des trois suspects

Pour leurs avocats, les trois hommes ne contestent pas s'être rendus en Syrie mais nient avoir pris part à des combats avec des groupes djihadistes tels que l'organisation Etat islamique (EI).

«Ils ont dû prendre la fuite pour rentrer»

«Ils se sont aperçus là-bas (en Syrie) que ce n'était pas ce qu'ils pensaient et ont dû prendre la fuite pour rentrer», a expliqué Me Pierre Dunac, qui défend Imad Jjeballi. «Mon client trouve légitime qu'on lui demande des explications sur ses pérégrinations en Syrie (...) Mais il ne présente pas un danger pour la France», avait déjà affirmé vendredi l'avocat d'Abdelouahab El-Baghdadi, Pierre Le Bonjour. «S'il avait quelque chose à se reprocher, il ne signalerait pas son retour en France et il ne se rendrait pas à la gendarmerie», avait-il ajouté.

Les trois suspects ont été mis en examen dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en septembre 2013. Dans cette enquête, concentrée sur le Sud-Ouest, deux hommes de 20 et 29 ans avaient déjà été mis en examen et écroués, soupçonnés de s'être rendus en Syrie.

Les enquêteurs pensent que d'autres djihadistes, déjà condamnés avec Imad Jjebali en 2009, se sont aussi rendus en Syrie. Plusieurs des suspects gravitaient dans l'entourage de Mohamed Merah et ont appartenu à la filière d'Artigat, du nom d'un village de l'Ariège supposé être leur base de repli.