Les Bretons à Nantes pour réclamer son rattachement à la Bretagne

MANIFESTATION Les partisans d'une «réunification de la Bretagne» manifestent ce samedi à Nantes pour la troisième fois...

A.D. avec AFP

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Manifestation pour le rattachement du département de Loire-Atlantique à la région Bretagne à Nantes le 28 juin 2014.
Manifestation pour le rattachement du département de Loire-Atlantique à la région Bretagne à Nantes le 28 juin 2014. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

Pour la troisième fois depuis avril, les partisans d'une «réunification de la Bretagne» manifestent ce samedi à Nantes, où la mobilisation s'annonce particulièrement massive à quelques semaines de la reprise du débat sur la réforme territoriale engagée par le gouvernement.

«Nous souhaitons une ambiance festive et il va y avoir beaucoup de monde: en avril nous étions 13.000, en juin 17.000, aujourd'hui nous serons beaucoup plus», a assuré samedi matin Jean-François Le Bihan, président de Bretagne Réunie, organisateur de cette manifestation et des précédentes, qui avaient rassemblé, selon les chiffres de la police, 5.500 puis 8.500 personnes.

Dès le matin, les accès au centre-ville de Nantes étaient difficiles en voiture, tandis que les premiers bonnets rouges et drapeaux bretons faisaient leur apparition aux abords de la place de la Petite Hollande, lieu de départ et d'arrivée de la manifestation qui doit démarrer vers 15h00.

Un important dispositif de forces de l'ordre était aussi mobilisé, même si les précédentes manifestations n'ont pas donné lieu à des débordements.

«On accorde sans aucune difficulté la réunification de la Normandie et on refuse la réunification de la Bretagne: pourquoi cette crainte ancestrale d'une région forte?», s'est insurgé Jean-François Le Bihan en marge d'un point-presse des organisateurs en fin de matinée.

Pour les partisans de la réunification, le projet gouvernemental de réforme territoriale apparaît comme une occasion historique de revenir sur cette partition de la Bretagne décidée en 1941 par un décret du régime de Vichy, jamais remis en cause depuis par les gouvernements successifs.

De nombreuses associations culturelles appellent à ce rassemblement mais aussi des élus ou des artistes, d'Alan Stivell à Gilles Servat. Des intellectuels ou des représentants des milieux économiques sont également attendus.

«Elle sent le pâté, la Bretagne?»

«Fondre la Bretagne dans les Pays de la Loire», un des projets évoqués dans la réforme territoriale, «diluerait l'ensemble. Le numérique abolit les frontières mais il faut être de quelque part, une vraie identité forte est super utile au moment où tout se mondialise», explique Christian Guillemot, un des cofondateurs du groupe numérique Ubisoft. «En Bretagne, on a des réseaux, des jeunes très bien formés, il nous manque une dynamique régionale forte».

Le retour de Nantes et de la Loire-Atlantique dans la région Bretagne, «c'est la pente naturelle de l'histoire», estime l'écrivain breton Yann Quéffelec. «Au moment où le Premier ministre prétend renforcer la Nation, les régions... Alors quoi, elle sent le pâté, la Bretagne?», s'énerve-t-il samedi avant le début de la manifestation.

«Mystérieusement, c'est simplement pour la Bretagne que ça pose problème, on voudrait nous laisser à quatre (départements). Mais qu'est-ce qu'on craint de cette région qui s'est toujours montrée la plus républicaine? On a l'impression qu'on est en train de se fiche de nous!», a ajouté Yann Quéffelec.

«En Loire-Atlantique, il se passe beaucoup plus de choses qu'à Rennes sur le plan musical», a de son côté souligné le chanteur Gilles Servat.

Cette manifestation intervient quelques jours après le référendum en Ecosse et le jour même où le président de la Catalogne Artur Mas a convoqué un référendum le 9 novembre sur l'indépendance de cette riche région du nord de l'Espagne.

Bretagne réunie, reprenant une proposition de l'avocat Yann Choucq, a indiqué qu'elle allait inviter les gens à mettre des drapeaux bretons « gwenn ha du » aux fenêtres à partir du 1er octobre jusqu'à la fin du débat parlementaire sur la réforme territoriale et demander aux élus d'en faire autant sur les monuments publics dont ils ont la gestion.