Air France: Le mouvement de grève vit-il ses dernières heures?

SOCIAL Les lignes devraient bouger ce jeudi après-midi, selon les syndicats...

Nicolas Beunaiche

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Rassemblement des pilotes d'Air France le 23 septembre 2014 devant l'Assemblée nationale à Paris
Rassemblement des pilotes d'Air France le 23 septembre 2014 devant l'Assemblée nationale à Paris — Eric Feferberg AFP

Cloués au sol depuis le 15 septembre, les pilotes d’Air France n’en ont pas pour autant pas fini avec les affres du décalage horaire. Mercredi soir, leurs discussions avec la direction se sont ainsi poursuivies jusqu’à 4h du matin. Ce qui n’a pas empêché Guillaume Schmid, porte-parole du SNPL, le syndicat majoritaire, de s’exprimer ce jeudi matin auprès de l’AFP. Son mot d’ordre: la grève est maintenue «pour le moment».

Cette fois, l’annonce n’a toutefois surpris personne au sein de la compagnie. «Nous [les deux syndicats représentatifs] avons fait des propositions à la direction, qui les étudie», indique simplement à 20 Minutes Julien Duboz, porte-parole du Spaf, après quatre petites heures de sommeil. Une réponse devrait leur être donnée par Alexandre de Juniac, le PDG d’Air France, ce jeudi, à l’occasion d’une réunion au siège de la compagnie prévue à 15h. «Dans l'attente, le mouvement se poursuit pour le moment», conclut Guillaume Schmid.

«Où en serait-on sans Alain Vidalies?»

Quel est le contenu de ces propositions syndicales? Ni le SNPL ni le Spaf ne veulent en donner les détails. Tout juste Julien Duboz consent-il à dire qu’elles portent sur «le développement de la compagnie low-cost Transavia France», la seule entité qui subsiste après l’abandon du projet de Transavia Europe prévoyant la création de filiales à l’étranger. Mais selon toute vraisemblance, le contrat unique, qui permettrait aux pilotes de voler indifféremment dans un avion Air France ou un avion Transavia aux mêmes conditions, devrait figurer en bonne place dans les points de négociations. D'après Le Monde, les dirigeants d'Air France seraient désormais prêts à donner «un rôle aux syndicats dans la maîtrise du contrat» des pilotes d'Air France qui viendront piloter pour Transavia. Ce qui reviendrait à accorder «un droit de regard et de négociation sur le contrat de travail des pilotes d'Air France qui partent chez Transavia France», avance un pilote cité par le quotidien.

«Chaque partie est dans une volonté d'aboutir au plus vite», assure Guillaume Schmid pour le SNPL. Une promesse qui tranche avec le climat de défiance totale qui régnait encore au sein d’Air France il y a quelques jours. «Avant-hier soir, on était nulle part, explique-t-on au cabinet du secrétaire d’Etat aux Transports. Aujourd’hui, il y a des négociations.» «Où en serait-on si Alain Vidalies n’était pas intervenu?», en conclut l’un de ses conseillers, qui rappelle la volonté du gouvernement d’en finir au plus vite avec ce conflit, «sans faire ni vainqueur ni vaincu».

La sortie de crise semble en tout cas proche. Mais si un accord devait être trouvé ce jeudi après-midi -à 18h, les négociations se poursuivaient-, un retour à la normale ne devrait cependant pas survenir avant vendredi. Le taux de pilotes grévistes est estimé à 62% pour jeudi et à 58% pour vendredi, contre 52% mercredi, tandis que la moitié des vols Air France est annulée.