Journée de refus de l’échec scolaire: «S’il n’avait pas été aidé, mon fils aurait sans doute décoché»

TEMOIGNAGE A  l’occasion de la 7ème journée de refus de l’échec scolaire, Sihem Touati évoque le soutien scolaire gratuit dispensé à ses enfants et qui leur ont permis de progresser...

Delphine Bancaud

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Une jeune fille prend un cours de soutien avec un étudiant bénévole de l'Afev.
Une jeune fille prend un cours de soutien avec un étudiant bénévole de l'Afev. — Sébastien Jourdan

Des inégalités sociales qui touchent aussi les devoirs à la maison. Selon une étude de l’Afev (Association de la fondation étudiante pour la ville) qui paraît ce mercredi à l’occasion de la 7ème journée de refus de l’échec scolaire, tous les parents ne sont pas en capacité d’aider leurs enfants lorsque ceux-ci n’ont pas compris un exercice ou une leçon. Si 92% de ceux vivant dans des quartiers favorisés peuvent le faire, seulement 61% de ceux résidant dans les secteurs de l’éducation prioritaire en sont capables.

Des enfants qui reprennent confiance en eux

Sihem Touati, mère de six enfants à Reims (Champagne-Ardenne), a dû affronter cette difficulté. «Mon fils de 9 ans avait de grosses lacunes en orthographe et en grammaire et je ne pouvais pas l’aider, maîtrisant moi-même mal le Français à l'écrit. Je n’avais pas les moyens non plus de lui payer des cours de soutien», confie-t-elle. Une impuissance douloureuse pour elle: «c’était comme si mon fils était malade et que je ne pouvais pas le guérir».

Bien décidée à ne pas accepter la fatalité, Sihem a fait le tour des associations, avant de tomber sur l’Afev. «Un étudiant bénévole est venu aider mon fils deux fois par semaine. Grâce à lui, on a découvert que le petit était dyslexique, ce qui a permis de le faire suivre par un orthophoniste», raconte-t-elle. Le soutien scolaire a duré longtemps pour son fils, du CM1 à la terminale. «S’il n’avait pas été aidé, mon fils aurait basculé dans l’échec scolaire et aurait sans doute décoché. Il a aussi pris confiance en lui grâce à ces séances de travail». Préparant actuellement un bac professionnel, le jeune homme se rêve désormais décorateur.

«Elle a fini parmi les premiers élèves de sa classe»

La fille de Sihem a aussi bénéficié d’un accompagnement scolaire de longue durée, du CE1 jusqu’à la première ES. «Ses résultats s’en sont ressentis tout de suite. Au troisième trimestre du CE1, elle a fini parmi les premiers élèves de sa classe», explique fièrement Sihem. Sa fille a aussi pu prendre conseil auprès de l’étudiant qui la suit, concernant son orientation. «Elle veut s’inscrire en histoire à la fac pour devenir enseignante ou psychologue», annonce fièrement sa mère. Des ambitions qui sont devenues réalisables grâce à l'envie de réussir de sa fille et au coup de pouce reçu pendant sa scolarité.