L'adolescence, une période d'opposition et de tumultes qui peut être parfois, très mal vécue. C’est ce mardi que la présidente de l’Unicef France, Michèle Barzach remet un rapport sur le sujet  à la secrétaire d’Etat à la famille, Laurence Rossignol. 20 minutes a relevé cinq chiffres du rapport qui témoignent de la détresse des adolescents.

24% des plus de 15 ans sont en situation de privation matérielle

Submergés par les messages publicitaires, beaucoup d’adolescents tombent dans le piège de la dictature des marques. Ils sont aussi souvent attirés par des loisirs plus coûteux que leurs cadets. Ce qui nourrit un sentiment de frustration et d’injustice, lorsque leurs parents n’ont pas les moyens de satisfaire leurs besoins. Avec des conséquences parfois lourdes, comme le souligne Michèle Barzach: «Il existe un lien direct entre la privation matérielle ressentie par les jeunes et les difficultés qu’ils rencontrent pour s’intégrer dans la société».

31% disent avoir été harcelés au collège ou au lycée

Les violences verbales, psychologiques ou physiques répétées peuvent miner les ados. Ceux qui sont issus des familles les plus en difficultés sont «la cible privilégiée vers laquelle se tournent les autres dans l’enceinte scolaire pour y exercer leur domination», insiste le rapport. Ce qui peut encore exacerber chez eux le sentiment d’injustice. Parfois même, le harcèlement se prolonge sur le web, puisque 16% des plus de 15 ans déclarent y avoir été agressés. Ces agressions peuvent générer «un sentiment d’insécurité à l’école», préjudiciable à leur scolarité et avoir des répercussions sur l'image qu'ils ont d’eux-mêmes.

46 % ont des relations tendues avec l’un de leurs parents

Si l’adolescence est une période d’opposition, les rapports avec leurs parents sont réellement conflictuels pour près de la moitié des 15-18 ans. «Les tensions familiales surviennent plus fréquemment dans les ménages qui cumulent plusieurs difficultés: l’absence de l’un des parents, la recomposition familiale, la privation matérielle et l’insécurité du cadre de vie», souligne  le rapport. Les relations avec le père apparaissent comme les plus complexes, car 16% des ados disent ne pas pouvoir compter sur lui et 23% ne pas se sentir valorisés par lui. Un manque de reconnaissance  qui peut avoir des conséquences dans leur propre construction.

41% des plus de 15 ans ont fait l’expérience de l’état d’ivresse

Les conduites addictives prennent une ampleur inquiétante, souligne le rapport. Outre l’alcool, près de 32% des ados déclarent aussi consommer de la drogue. Sans surprise: ceux qui ont des difficultés relationnelles avec leurs parents ou qui craignent les autres ados, risquent davantage de consommer des psychotropes.

43 % des plus de  15 ans  sont en situation de souffrance psychologique

Au final selon le rapport, «les difficultés de relation aussi bien dans la sphère familiale que dans la sphère scolaire ou élective», conduisent à une forme de détresse. Quatre adolescents sur dix éprouvent un sentiment de tristesse et trois sur dix perdent parfois confiance en eux. Les adolescents vivant dans des quartiers insécurisants, dans des familles monoparentales ou éprouvant des difficultés financières sont encore plus exposés. Cette détresse entraîne parfois des idées noires, puisque 32% des plus de 15 ans ont déjà pensé au suicide et 12% indiquent être même déjà passés à l’acte.

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*Consultation menée sur 11.232 enfants répartis sur toute la France (dont 62% âgés de 12 à 18 ans), entre mars et mai 2014.

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