Filière djihadiste en région lyonnaise: Cinq personnes mises en examen

ENQUETE Les deux frères interpellés dans cette enquête «nourrissaient l'ambition de mourir en martyr»...

20 Minutes avec AFP

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Illustration police nationale.
Illustration police nationale. — M.Libert/20 Minutes

Les cinq personnes interpellées entre mardi et jeudi dans l'enquête sur un réseau recrutant en région lyonnaise des djihadistes pour aller combattre en Syrie ont été mises en examen samedi et écrouées, a annoncé à l'AFP une source judiciaire.

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Les juges antiterroristes parisiens les ont notamment mis en examen pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» et «financement du terrorisme». L'enquête préliminaire ouverte le 15 juillet s'était concentrée sur une famille de Vaux-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise.

Les frères «nourrissaient l'ambition de mourir en martyr»

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a effectué cette semaine un vaste coup de filet, le parquet de Paris évoquant vendredi des «éléments laissant craindre un passage à l'acte violent imminent». Dans un communiqué, le ministère public a affirmé que deux frères interpellés dans cette enquête «nourrissaient l'ambition de mourir en martyr».

Selon le parquet, «un membre de leur famille» est déjà «décédé dans un attentat suicide en Syrie en juin». Trois membres de la fratrie «combattent actuellement en Syrie au sein de l'organisation terroriste de l'EI» (État islamique) «et trois autres demeurent en région lyonnaise», a précisé le parquet.

«Un téléviseur, allumé, diffusait l'emblème de l'EI»

Selon une source proche du dossier, si aucune cible spécifique n'a été identifiée, «un passage à l'acte a été envisagé» par les protagonistes. «Ils étaient prêts pour une action violente en France», dit une autre source proche du dossier. En conséquence, un frère et une soeur de la famille, âgés de 22 et 24 ans, ont été interpellés et placés en garde à vue mardi. Un troisième frère, âgé de 19 ans, a pris la fuite avant d'être arrêté jeudi dans une boutique à Vaux-en-Velin, porteur d'un Smith & Wesson chargé de calibre 38.

Ce dernier était déjà connu des services antiterroristes pour avoir été mis en examen avant d'être relâché sous contrôle judiciaire en novembre 2012 dans le dossier «Forsane Alizza», un groupuscule salafiste radical dissous. A son domicile, les enquêteurs ont trouvé «une kalachnikov approvisionnée de 27 cartouches et d'une cartouche chambrée, le mode rafale engagé», ainsi que «des munitions de divers calibres». «Un téléviseur, allumé, diffusait l'emblème de l'EI», selon le parquet.

930 Français impliqués dans des filières vers la Syrie et l'Irak

Parmi les autres personnes présentées aux juges figure son fournisseur présumé d'armes. Deux des suspects ont également été mis en examen samedi pour des infractions à la législation sur les armes, selon la source judiciaire. L'enquête a, selon le communiqué du parquet vendredi, également confirmé «l'existence d'une filière d'acheminement de candidats au djihad en Syrie, et notamment de jeunes filles, en lien avec les membres de la fratrie présents dans ce pays».

Lors des perquisitions, les enquêteurs ont également saisi «de nombreux documents, des sommes d'argent, des téléphones portables, des matériels informatiques». Selon le gouvernement, environ 930 Français sont impliqués dans des filières vers la Syrie et l'Irak (350 sur place dont 63 femmes, 185 repartis de Syrie, 170 en transit vers la zone et 232 ayant des velléités de départ), un nombre en «augmentation de 74% en huit mois».