VIDEO. Incendies à Morlaix: Le FN dénonce la responsabilité du gouvernement

SOCIETE Les réactions se multiplient après l'incendie de bâtiments publics vendredi à Morlaix (Finistère)...

M.B.

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Le centre des Impôts incendié le 20 septembre 2014 à Morlaix par des légumiers en colère
Le centre des Impôts incendié le 20 septembre 2014 à Morlaix par des légumiers en colère — Fred Tanneau AFP

Les réactions se multiplient après l'incendie de bâtiments publics vendredi à Morlaix (Finistère) par des producteurs de légumes en colère. Le parquet de Brest a ouvert samedi une enquête en flagrance pour «dégradations de biens d'utilité publique» et sur les entraves qui ont pu être faites à l'intervention des secours. Aucune interpellation n'a été effectuée.

Le centre des Impôts incendié le 20 septembre 2014 à Morlaix

«Rien ne justifie ces méthodes» pour Valls

*Samedi matin, le Premier ministre a condamné «énergiquement» les «saccages et destructions» des bâtiments récents du Centre des impôts et de la Mutualité sociale agricole (MSA). «Il est particulièrement choquant que les sapeurs-pompiers aient été empêchés d'accomplir leur mission. Des poursuites judiciaires seront engagées contre les auteurs de ces actes, a écrit le Manuel Valls dans un communiqué. Rien ne justifie le recours à des méthodes violentes, qui ne résolvent rien et qui pèsent en premier lieu sur les contribuables et les assurés sociaux».

Le FN dénonce la responsabilité du gouvernement

Le Front national a dénoncé samedi «la responsabilité accablante» du gouvernement dans la détérioration de la situation qui a conduit vendredi à l'incendie du Centre des impôts et de la Mutualité sociale agricole de Morlaix (Finistère) par des producteurs de légumes en colère.

Le FN «ne peut que regretter que des travailleurs français en viennent à incendier des bâtiments publics», écrit le parti de Marine Le Pen dans un communiqué.

Un pompier arrose les ruines fumantes du centre des impôts de Morlaix

«Un climat délétère» dit FSU-Finances

*Si le syndicat FSU-Finances a dénoncé «cette attaque contre le lieu et les outils de travail des personnels en charge des missions du service public économique et financier, estimant  que «dans le climat délétère qui se développe au sujet des impôts, les collègues des finances publiques sont les premiers exposés aux colères des plus réactionnaires des contribuables et de certaines corporations», il déplore que «face aux destructions de portiques écotaxe et des radars automatiques, les attentats contre des centres des finances publiques (Aix-en-Provence, en Corse), la réponse du gouvernement a été inaudible ou faible, semblant encourager les comportements extrêmes».

«Il n'y a pas eu mort d'homme» relativise la FDSEA

*De son côté, le président de  Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles du Finistère (FDSEA), Thierry Merret estime qu’il «faut relativiser, il n'y a pas eu mort d'homme, c'est une forme de témoignage pour dire: « Ecoutez-nous ». Au-delà des légumes, c'est la mort des chefs d'entreprise…Je tire un coup de chapeau à ceux qui ont osé faire ce qu'ils ont fait.»

Nettoyage d'une rue le 20 septembre 2014 à Morlaix quelques heures après

Une «exaspération» alerte la FNSEA

*Pour le président de la FNSEA Xavier Beulin, ces incendies traduisent une «exaspération» face aux réglementations, et a averti le gouvernement que la «tension montait dans les campagnes». Il appelle «au dialogue et à l'apaisement» et demande au gouvernement de «mettre en oeuvre» la levée de certaines contraintes.

Le retour des jacqueries pour Dupont-Aignan

* «C’est la première jacquerie d'une longue liste», a abondé Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République. Depuis des années, j'alerte nos dirigeants politiques sur la détresse des agriculteurs».  «Cette situation n'est pas tombée du ciel», écrit sur son blog le député de l'Essonne. Elle a des causes bien précises, notamment la déréglementation totale par Bruxelles avec la complicité des gouvernements successifs de la politique agricole commune.»