Morlaix: Les producteurs de légumes mettent le feu au centre des impôts

SOCIAL Ils ont incendié le bâtiment après avoir déversé une partie de leur cargaison de légumes invendus, des pommes de terre et des artichauts, pour protester contre les contraintes fiscales et administratives...

20 Minutes avec AFP

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Un pompier arrose les ruines fumantes du centre des impôts de Morlaix incendié par les légumiers, le 20 septembre 2014.
Un pompier arrose les ruines fumantes du centre des impôts de Morlaix incendié par les légumiers, le 20 septembre 2014. — FRED TANNEAU / AFP

Plus d'une centaine de légumiers en colère ont incendié le centre des impôts et la Mutualité sociale agricole de la ville bretonne de Morlaix vendredi soir pour protester contre les contraintes fiscales et administratives qui pèsent sur eux, occasionnant d'importants dégâts.

En début de soirée, les légumiers en colère, avec près d'une centaine de tracteurs et de remorques, selon la maire UMP de Morlaix Agnès Le Brun, se sont d'abord dirigés vers le bâtiment de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) situé en périphérie de Morlaix sur la commune de Saint-Martin-des-Champs. Selon le maire PS de cette commune François Hamon, présent sur les lieux vers 1h30 du matin, les manifestants ont alors «tout saccagé à l'intérieur».

«C'est le signe d'une grande détresse pour en arriver là»

Ils y ont ensuite mis le feu à l'aide de palettes et de pneus après avoir déversé devant le bâtiment une partie de leur cargaison de légumes invendus, des pommes de terre et des artichauts. «Le bâtiment est détruit, la charpente à l'intérieur s'affaisse», a-t-il déploré. «C'est le signe d'une grande détresse pour en arriver là. Quelque part, ça fait peur», a ajouté l'élu, soulignant que ce bâtiment abritant la MSA avait été construit il y deux ans sur sa commune. L'incendie de la MSA était éteint vers 1h30 du matin, a constaté l'AFP sur place.

En milieu de soirée, les manifestants ont quitté la MSA pour se diriger vers le centre-ville de Morlaix et se sont regroupés devant le centre des impôts. Outre les légumes invendus, des palettes et des pneus, ils ont aussi déversé du fumier. Cassant portes et fenêtres, ils l'ont alors incendié.

Embargo russe

«Les producteurs de légumes ne peuvent plus dans le contexte économique dégradé que l'on connaît continuer à fonctionner ainsi», avait déclaré à la mi-journée vendredi Jean-François Jacob, président de la Sica (société d'intérêt collectif agricole) de Saint-Pol-de-Léon, premier groupement français de producteurs de légumes, annonçant des actions à venir lors d'un point presse.

«L'urgence est aujourd'hui de traiter les problèmes de trésorerie de beaucoup de producteurs en Bretagne», avait-il ajouté, soulignant que l'embargo russe avait en outre aggravé leurs difficultés.