Lyon: La communauté musulmane se sent parfaitement intégrée

RELIGION Les musulmans que «20 Minutes» a rencontrés dans les rues de Lyon se sentent peu stigmatisés...

Caroline Girardon

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Vue de l'intŽrieur de la grande mosquŽe de Lyon le 27 avril 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
Vue de l'intŽrieur de la grande mosquŽe de Lyon le 27 avril 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

«Un cri d'alarme et un geste de solidarité». La sortie ce jeudi du livre-playdoyer d'Edwy Plenel «Pour les musulmans» dénonçant les stigmatisations dont ils font l'objet, est passée relativement inaperçu au sein de la communauté musulmane de Lyon.

«Je suis arrivé en France il y a 40 ans. J'avais 7 ans à l'époque et aujourd'hui, je me sens parfaitement intégré, raconte Badredin, un restaurateur. Certes, on voit apparaître une montée de l'extrémisme. Mais cela concerne une minorité de personnes.» Quand on lui parle de stigmatisation, l'homme sourit: «Ce sont surtout les médias qui participent à cela. Lorsque les gens ont des contacts avec la communauté musulmane, ils savent très bien faire la différence.»

«99% des Musulmans désapprouvent le djihad»

«Il ne faut pas confondre les musulmans et les djihadistes, appuie Moe. Ces gens-là ont une autre interprétation de l'Islam. Ils utilisent la religion à des mauvaises fins. 99% des Musulmans ne sont pas d'accord avec eux». «Ils ne lisent pas le Coran, ajoute Badredin. Ils se basent sur la Sunna (dogme et pratiques du Messager), qu'ils interprètent et exploitent à leur façon.»

Pour Kamel, le ressenti est différent. Bien que le jeune homme désapprouve le djihad, il se dit lassé d'«être souvent montré du doigt.» «On a l'impression d'être parfois des boucs émissaires».

L'immigration, «une chance pour la France»

«Ceux qui partent faire le djihad ont un problème identitaire. Ils sont perdus, sans attache, rebondit Omar. Moi, je me sens très bien en France. Il y a 30 ans dans les banlieues, on ne parlait pas de religion. Jamais, vous n'auriez vu un jeune partir faire le djihad.»

Mardi, le premier ministre Manuel Valls a appelé à «arrêter de stigmatiser les populations en les ramenant toujours à leurs origines» affirmant que «l’immigration est une chance» pour la France. Des propos salués par Mohamed. «Un pays a toujours besoin d'immigration, déclare-t-il. La volonté d'un travailleur immigré est bien plus forte.» «Il sort d'un milieu social défavorisé. Travailler est un atout important pour lui», atteste Badredin.