«Les profs de sport sont mieux formés à la pédagogie que les autres»

TÉMOIGNAGES Parfois incompris et jugés sévèrement par les élèves, les profs d’EPS sont aussi de grands professionnels, comme ils tentent de nous l'expliquer…

Adrien Chauvin

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Des élèves d'une école primaire se prépare pour une séance de volley.
Des élèves d'une école primaire se prépare pour une séance de volley. — DURAND FLORENCE/SIPA

Mercredi 17 septembre se tenait la journée nationale du sport scolaire dans tous les établissements français. Un moment qui a permis aux élèves de découvrir de nouvelles disciplines sportives et surtout, ceux qui les enseignent. Souvent stigmatisés, ces professeurs de sport sont avant tout des passionnés, comme ils le racontent à 20 Minutes.

«Je privilégie le sport, le vrai»

«Pour rien au monde je ne changerais de métier. C’est le meilleur à mes yeux, une vraie vocation!», explique Mélanie, professeur d’EPS à Castre. Quant à Patrick, professeur dans un lycée au Laos et actuellement en année sabbatique, il a passé toute sa vie à tenter de transmettre sa passion: «Je suis depuis longtemps passionné de sport, j'ai toujours voulu devenir prof de sport et pas d’EPS comme certains disent.»

En effet, l’intitulé du poste fait l’objet d’un débat: «On ne dit plus prof de sport depuis les années 50», s’agace un internaute. Pourtant, Patrick ne partage pas ce point de vue et regrette l’ancien terme: «Depuis des décennies, il n'y a plus de sport à l’école. La preuve est que les profs, nouvelle génération, privilégient l'EPS (Éducation Physique et Sportive). Quant à moi je privilégie le sport, le vrai.» 

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«C’est un problème de motivation dû à l’enseignant»

C’est avec cette philosophie qu’il est devenu le chouchou des élèves. Il faut dire que sa méthode pédagogique est différente: «Mes élèves adorent quand je les projette au judo ou quand je joue avec eux au ping-pong.»

Il lui est même impossible de rester en place et en profite pour se concentrer sur ceux qui ont plus de mal: «Quand on fait de l’endurance, j’accompagne les plus faibles en leur apprenant à respirer correctement. La totalité de mes élèves court vingt minutes sans s’arrêter. Normalement les élèves se découragent à cause d’un problème de motivation dû à l'enseignant.»

«Les profs de sport sont des pédagogues de premier choix»

Mélanie pense que cette détermination a été acquise durant leur formation: «On nous voit comme des profs différents, nous le sommes sûrement un peu, mais au final nous avons le même travail. Par contre, je suis persuadée que nous sommes mieux formés à la pédagogie et la gestion des groupes.»

La plupart du temps, les cours de sport se déroulent en plein air. Un environnement qui favorise l’apprentissage mais qu’il faut parfaitement maîtriser: «Beaucoup de collègues sont en difficultés lorsqu’il faut conduire les élèves en dehors d’une classe. Nous, c’est notre quotidien et nous avons été formés pour les encadrer à l’extérieur.»

Un point de vue que partage Alain, chef d’un établissement scolaire: «Ils ont une vision globale de l’élève, ce qui en fait des pédagogues de premier choix.»

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