Procès de bonnets rouges: Un an ferme requis contre quatre des onze prévenus

JUSTICE Les onze accusés encouraient jusqu'à 10 ans d'emprisonnement...

20 Minutes avec AFP

— 

Des manifestants "bonnets rouges" affrontent la police à côté d'un portique d'écotaxe en Bretagne, le 15 février 2014
Des manifestants "bonnets rouges" affrontent la police à côté d'un portique d'écotaxe en Bretagne, le 15 février 2014 — Gael Cloarec AFP

Le procureur a requis mercredi trois ans de prison dont deux avec sursis contre quatre des onze membres des Bonnets rouges poursuivis dans le cadre d'un procès qui s'est ouvert mardi à Rennes à l'issue d'une enquête sur des destructions de portiques écotaxe. Le procureur a également requis un an avec sursis et trois ans de mise à l'épreuve pour un autre prévenu, et un an avec sursis pour les six autres.

Tous membres du comité de Dinan (Côtes-d'Armor) et âgés de 26 à 47 ans, les onze militants ont été interpellés à la mi-avril 2014 dans le cadre d'une enquête pour «association de malfaiteurs» conduite par la JIRS (Juridiction interrégionale spécialisée) de Rennes et ouverte après les violences commises lors de plusieurs manifestations et les destructions ou tentatives de destruction de portiques ou d'autres biens publics, dont des radars routiers.

Six d'entre eux sont en outre poursuivis pour la destruction d'un portique écotaxe (impôt routier visant les poids lourds), le 28 décembre 2013 à Pontorson (Manche). Dans un long réquistoire de près de deux heures, le procureur a estimé que l'accusation «d'association de malfaiteurs» était pleinement fondée, et que les 11 prévenus constituaient bien «une entente formée en vue de la préparation d'infractions», élaborées collectivement et mises en oeuvre par la suite.

Une «foire aux mauvaises idées»

Cette «foire aux mauvaises idées», le représentant du parquet s'est attaché à en démontrer les effets concrets, dans l'activité du groupe à partir de l'incendie du portique de Pontorson, «ciment des actions ultérieures»: repérages, actions clandestines, participation violente à des manifestations, incendies de biens...

«On assiste à la dérive violente et clandestine d'un certain nombre d'individus. La violence devient un mode d'action admis comme efficace par un groupe qui cherche les actions d'éclat radicales dans leurs effets» mais «totalement détachées du mouvement qui les justifie», a-t-il martelé.

Concernant les peines, il a demandé de prendre en compte les comportements de ceux qui «montrent un sens critique sur les dangers et les limites de leurs action». Dans cette catégorie, il a classé six prévenus, dont deux impliqués dans l'incendie du portique de Pontorson, pour qui il a réclamé un an de prison avec sursis. La même peine a été requise contre un septième, assorti d'une mise à l'épreuve de trois ans.

L'Etat s'est porté partie civile

Pour les quatre autres, il a réclamé trois ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis, une peine selon lui «justifiée par leur implication et leur participation». Les onze accusés encouraient jusqu'à 10 ans d'emprisonnement. «C'est déraisonnable», a réagi Me Guimard Labeye, rappelant que pour des faits similaires des peines de 3 et 6 mois avec sursis avaient été prononcées à Saint-Brieuc en mai.

L'Etat, qui s'est porté partie civile, a de son côté demandé aux accusés, par la voix de son avocat, de s'acquitter solidairement de près de 450.000 euros au titre des préjudices résultant de la destruction du portique écotaxe de Pontorson.