Languedoc-Roussillon: «Je veux bien qu'on tonde le mouton mais pas le musulman»

POLEMIQUE Plusieurs responsables musulmans appellent au boycott d'achat de moutons pour l'Aïd-el-Kébir...

20 Minutes avec AFP

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Un musulman choisit un mouton dans un élevage, à l'occasion de l'Aïd-el-Kébir, le 8 décembre 2008 à Bourg-en-Bresse.
Un musulman choisit un mouton dans un élevage, à l'occasion de l'Aïd-el-Kébir, le 8 décembre 2008 à Bourg-en-Bresse. — F. DUFOUR / AFP

Le Conseil régional du culte musulman et les présidents des mosquées ont lancé un appel aux fidèles pour qu'ils boycottent dans le Languedoc-Roussillon l'achat des moutons début octobre lors de l'Aïd-El-Kébir, a-t-on appris mercredi auprès d'un membre du Conseil français du Culte musulman. Un appel similaire sera lancé en PACA dans les prochains jours, a ajouté Abdallah Zekri.

Cet appel au boycott vise à protester contre le prix de vente des moutons qui passe de 115 euros ou 120 euros pendant l'année à 280 euros voire plus 300 euros au moment de la fête musulmane, a expliqué Zekri. «Il faut que les maquignons et les fermiers comprennent: je veux bien qu'on tonde le mouton mais pas le musulman», a commenté Zekri, rappelant que le sacrifice du mouton n'était «pas une obligation» à l'Aïd-El-Kébir.

«On peut aussi donner de l'argent à une association caritative»

«On peut aussi donner de l'argent à une association caritative en France ou aux nécessiteux de sa famille», a-t-il précisé. Ce mouvement de protestation vise aussi à faire pression sur la préfecture afin d'obtenir de l'aide pour un terrain, où la communauté «financerait la construction d'un abattoir». «La région Languedoc-Roussillon est la plus sinistrée de France en terme d'abattoirs», a assuré Zekri, donnant l'exemple de PACA où cela se passe mieux car il y a des abattoirs mobiles.

Dès les premiers appels au boycott, la préfecture avait répondu dans le Midi Libre «que la seule solution était la création d'abattoirs temporaires, pilotée par le CRCM» car «il n'y a d'obligation de l'État d'organiser l'abattage de d'Aïd» qui est une «pratique religieuse». Un appel au boycott avait été déjà lancé l'an passé en Languedoc-Roussillon mais il n'avait pas reçu beaucoup d'écho, a reconnu Zekri, estimant que cette année était différente car il y avait un vrai consensus sur la question.