Xynthia: Les 120 parties civiles attendent des réponses

JUSTICE Le procès Xynthia a démarré ce lundi peu après 14h20 au centre des congrès des Sables d'Olonne...

20 Minutes avec AFP

— 

Vue aérienne en date du 3 mars 2010 d'une zone inondée à la Faulte-sur-Mer après le passage de la tempête Xynthia
Vue aérienne en date du 3 mars 2010 d'une zone inondée à la Faulte-sur-Mer après le passage de la tempête Xynthia — Bertrand Guay AFP

Le procès de la nuit d'horreur du 28 février 2010 s'est ouvert lundi aux Sables d'Olonne. Près de cinq ans après la mort de 29 personnes noyées dans l'inondation de leur lotissement à La Faute-sur-Mer (Vendée) au passage de la tempête Xynthia.

Le procès a démarré peu après 14h20 au centre des congrès des Sables d'Olonne, retenu pour pouvoir accueillir le public et plus de 140 journalistes accrédités dans une salle équipée d'écrans géants où environ 180 personnes, victimes et familles notamment, étaient présentes.

Une première journée consacrée à des points de procédure

La première journée d'audience a été consacrée principalement à des points de procédure et à une synthèse du dossier, devant des parties civiles et des prévenus silencieux et attentifs.

Les 120 parties civiles espèrent comprendre à la faveur du procès pourquoi des maisons ont été construites sur des terrains situés en zone inondable où les habitants ont été piégés en pleine nuit lorsque l'eau a submergé les digues de la petite station balnéaire. Pour les familles, le procès va faire revivre des moments douloureux.

«Ça va certainement être terrible», confie à son arrivée à l'audience Gisèle Arnault, qui a perdu son père de 74 ans dans la catastrophe, ainsi que sa propre maison. «Pourquoi on ne nous a pas prévenus? Pourquoi dans une commune comme La Faute-sur-Mer il y a eu 29 décès, dont mon père? Il aurait suffi d'une seule personne pour qu'on évacue », s'interroge Gisèle Arnault.

«La douleur et la souffrance sont inscrites au plus profond de moi-même»

A son arrivée, l'ancien maire, en costume gris, a assuré que ses pensées allaient «spécialement aux victimes». «La douleur et la souffrance sont inscrites au plus profond de moi-même. J'ai fait ma mission de maire», a déclaré René Marratier à la presse.

Outre René Marratier, maire de 1989 à mars 2014 et toujours conseiller municipal, sont poursuivis Françoise Babin, son ex-adjointe à l'urbanisme et propriétaire de terrains et de maisons dans les lotissements engloutis, son fils, Philippe Babin, agent immobilier et président de l'association qui devait entretenir les digues submergées, et Patrick Maslin, gérant de sociétés de construction et conseiller municipal.