Portrait-robot du prochain attentat terroriste en France

SECURITE Paris accueille aujourd’hui une conférence visant à affaiblir les djihadistes…

William Molinié

— 

Les forces de l'ordre ont abattu Mohammed Mourah après de longues heures d'attente. Des personnalités comme le Ministre Guéant et le Procureur de Paris se sont félicités de la fin de cette traque. 22/03/12 Toulouse
Les forces de l'ordre ont abattu Mohammed Mourah après de longues heures d'attente. Des personnalités comme le Ministre Guéant et le Procureur de Paris se sont félicités de la fin de cette traque. 22/03/12 Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Les responsables du renseignement français ne le cachent plus. Le risque terroriste en France est réel. D’ailleurs, la question n’est plus de «se demander s’il y aura un attentat en France». Mais «quand» surviendra-t-il dans l’Hexagone, affirme ce lundi matin dans les colonnes du Parisien, Loïc Garnier, directeur de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat).

Les Français ont accepté le fatalisme (réalisme?) des autorités face au risque terroriste puisque 74% d’entre eux jugent la menace élevée, selon un sondage Ifop pour Ouest-France. Attentat du type Saint-Michel (8 morts, 117 blessés en 1995) ou Mohammed Merah (7 morts en mars 2012)? Alors que s'ouvre à Paris une conférence pour organiser une coalition pour combattre les djihadistes de l'Etat islamique, 20 Minutes dresse le portrait-robot de la prochaine incursion terroriste sur notre territoire…

Attentat peu élaboré

Une attaque massive du type 11-Septembre 2001 est à exclure. «Les terroristes n’ont plus les moyens d’organiser une action coordonnée», explique à 20 Minutes Jean-Charles Brisard, expert des questions de terrorisme. En revanche, des attentats pouvant se rapprocher de ceux de Bombay en 2008 (173 morts, 312 blessés) sont envisageables, mais dans une moindre mesure.

Des explosifs rudimentaires

La létalité de l’action sera réelle, «vraisemblablement grâce au recours d’armes à feu», poursuit Jean-Charles Brisard. «En revanche, les explosifs seront sans doute rudimentaires».

L’auteur revenu du djihad…

Un nombre important de djihadistes français revenus d’une zone de djihad est tenté d’organiser des actions terroristes. Selon le juge antiterroriste Marc Trévidic, qui s’appuie sur son expérience des retours d’Afghanistan ou encore de Bosnie, ce rapport est d’un sur deux en France. Il faut par ailleurs s’attendre à l’implication de terroristes étrangers.

… qui n’apparait pas sur les radars

La faible coordination du terroriste avec son groupe sur la zone de djihad est la difficulté majeure pour les services de renseignement qui auront du mal à le repérer. Sans doute, aura-t-il fait l’objet de fiches par des agents. Mais il ne constituera pas une priorité pour la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui sera concentrée sur des éléments susceptibles de passer à l’acte plus rapidement.

Action récupérée

L’attentat sera revendiqué par le groupe djihadiste qui aura accueilli ou formé le terroriste, même s’ils n’ont plus aucun échange depuis longtemps. Comme lors des attaques de Mohammed Merah, dont l’action avait été revendiquée par un groupe de djihadistes pakistanais. Le terroriste avait croisé lors de son périple à l’étranger un des leaders de ce groupe.