Bordeaux: L’erreur médicale «reconnue» suite au décès d’un patient à l’Institut Bergonié

FAITS DIVERS Le parquet de Bordeaux a confirmé ce vendredi que la mort d’un homme de 61 ans, mercredi à l’Institut Bergonié, est due à une erreur dans une injonction de médicament…

Mickaël Bosredon

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Bordeaux, 5 janvier 2012. - Institut Bergonie, centre regional de lutte contre le cancer. - Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, 5 janvier 2012. - Institut Bergonie, centre regional de lutte contre le cancer. - Photo : Sebastien Ortola — SEBASTIEN ORTOLA

Le décès d’un homme de 61 ans, mercredi après-midi à l’Institut Bergonié de Bordeaux, centre régional de lutte contre le cancer, est bien dû à une erreur médicale, a confirmé le Parquet de Bordeaux vendredi après-midi. «Le 10 septembre vers 17h, l’Institut Bergonié a avisé la police qu’un patient était décédé à la suite d’une injection de chlorure de potassium effectuée par une infirmière étudiante lors de soins prodigués à l’hôpital», a indiqué le procureur de Bordeaux, Marie-Madeleine Alliot. «La police a prévenu le Parquet, il s’en est suivi une enquête qui a été confiée à la brigade de répression des atteintes aux personnes.»

S’il est encore trop tôt pour connaître les circonstances exactes de cette erreur médicale, les investigations et les auditions ont déjà permis de déterminer que «ce patient, récemment hospitalisé en soins palliatifs, s’est vu administré par erreur en intraveineuse directe cette dose de potassium qui aurait dû être administrée à un autre patient qui se trouvait dans une autre chambre», poursuit le procureur. La victime devait recevoir, elle, une injection de corticoïdes.

Le chlorure de potassium, non dilué, est un produit létal utilisé aux Etats-Unis pour les condamnés à mort, a expliqué le directeur-adjoint de l'Institut, qui a ouvert une enquête interne.

Les deux infirmières entendues mais pas placées en garde à vue

«Cette élève infirmière, accompagnée d’une infirmière qui dirigeait son stage, s’est rendu compte de son erreur, puisque le patient a très vite eu des difficultés respiratoires et il a perdu connaissance. S’en est suivi un arrêt cardiaque et il est décédé très rapidement», a poursuivi Marie-Madeleine Alliot.

L’élève infirmière et l’infirmière ont été entendues, et toutes deux ont reconnu les faits, «qui ont été commis en présence de la femme du patient et de sa belle sœur», précise le Parquet. L’autopsie a confirmé que la mort a été causée par l’injection de potassium en intraveineuse. Les deux infirmières n’ont pas été placées en garde à vue, car le Parquet a estimé qu’il n’y avait pas de «risques de dissimulation de preuves ni d’ententes entre les témoins, et qu’elles présentent toutes les garanties de représentation.»

Ouverture d’une information judiciaire contre X

Une information judiciaire contre X pour homicide involontaire a été ouverte. «Il s’agit de rechercher les responsabilités pénales à l’origine de ce décès accidentel. Il y a des questions auxquelles on ne peut pas répondre aujourd’hui, même s’il y a une reconnaissance d’erreur médicale.» Le commissaire divisionnaire Jean-Paul Faivre précise toutefois que seul l’emballage des seringues était étiqueté, pas les seringues elle-mêmes, ce qui est la procédure.

La famille, qui demande par ailleurs de «ne pas stigmatiser l’hôpital», a porté plainte: «L’intérêt d’une plainte est de pouvoir se porter partie civile, et donc d’avoir connaissance du dossier et de l’avancée des investigations. Le but est de comprendre ce qu’il s’est passé.»

Les peines encourues peuvent aller jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.